« On a beaucoup entendu parler de la "cupideflation" ("greedflation") dans les années qui ont suivi la pandémie, lorsque les prix augmentaient de 8 à 9 % par an. On en parle beaucoup moins aujourd’hui, alors que les taux d’inflation sont presque revenus à la normale. D’ailleurs, une recherche sur Google Trends avec le terme "greedflation" montre une évolution en cloche remarquablement similaire à celle du taux d’inflation. Cette nouvelle indifférence face à la "cupideflation" est compréhensible, mais c’est aussi une erreur. C’est précisément lorsque l’inflation est modérée qu’il faut protéger son portefeuille et surveiller de près les prix.
mardi 23 juin 2026
Un guide à la cupideflation
vendredi 12 juin 2026
La hausse des taux d'intérêt ne contribue pas toujours à réduire l'inflation
« Les banques centrales semblent prêtes à relever de nouveau leurs taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation. Il est donc naturel de s'interroger sur l'efficacité des politiques de taux d'intérêt pour éliminer l'inflation lors du précédent épisode inflationniste majeur, celui de 2021-2023.
lundi 27 octobre 2025
La domination budgétaire
« Imaginez que la politique budgétaire domine la politique monétaire. […] Si les déficits de l'autorité budgétaire ne peuvent être financés uniquement par de nouvelles émissions d'obligations, alors l'autorité monétaire est forcée de créer de la monnaie et de tolérer une inflation supplémentaire »
lundi 28 avril 2025
Pourquoi veiller à l’indépendance de la Fed ?
« La Réserve fédérale doit atteindre un équilibre délicat entre, d’une part, le maintien d’un faible taux de chômage et, d’autre part, la prévention d’une surchauffe de l’économie et un déchaînement de l’inflation. Ses décisions ont des conséquences pour différents groupes qui pourraient être tentés d’exercer des pressions sur elle pour favoriser ce qui leur est le plus bénéfique. L’indépendance de la Réserve fédérale contribue à assurer qu’elle peut prendre des décisions politiquement difficiles qui sont dans le meilleur intérêt de l’économie à long terme, tout comme l’indépendance du pouvoir judiciaire contribue à assurer le respect de l’État de droit, même quand ces décisions sont politiquement impopulaires. Les études montrent l’importance de l’indépendance de la banque centrale pour les bonnes performances de l’économie. Néanmoins, l’indépendance de la Réserve fédérale n’est pas immunisée contre les menaces émanant du pouvoir exécutif ou du Congrès.
lundi 3 mars 2025
Dans quelle mesure la Fed est-elle préservée des pressions politiques ?
« L’état de l’économie affecte la popularité des gouvernements en place. Pour cette raison, les politiciens sont incités à tenter d’influencer les décisions de politique monétaire de façon à stimuler la croissance économique grâce à des taux d’intérêt plus faibles. Cette incitation peut être particulièrement forte à l’approche d’élections. Pour cette même raison, la Réserve fédérale est structurée de façon à prendre ses décisions en ce qui concerne les taux d’intérêt indépendamment de la politique électorale. Si des taux d’intérêt plus bas stimulent l’activité économique à court terme, ils risquent également d’alimenter l’inflation et l’instabilité économique à plus long terme. Cependant, la structure indépendante de la Fed ne l’a pas toujours protégée des pressions politiques. Une analyse des interactions personnelles entre les présidents des Etats-Unis et les responsables de la Réserve fédérale entre 1933 et 2016 montre qu’il y a eu plusieurs fois où la pression émanant du président a influencé les activités de la Fed aux dépens de la stabilité des prix.
mardi 26 novembre 2024
Les gouvernements devraient-ils protéger leurs citoyens contre les chocs externes ?
« L’un des thèmes évoqués dans les analyses faites autour de l’élection américaine, y compris les miennes, a été le choc sur le revenu réel causé par la récente hausse des prix des matières premières (énergie et alimentation). L’idée est que les électeurs les moins engagés (les électeurs peu informés) imputent ces chocs au gouvernement plutôt qu’à la Russie ou à la pandémie, ce qui expliquerait pourquoi ces dernières années ont été un désastre dans les sondages pour les élus.
jeudi 17 octobre 2024
Le rôle des politiques non monétaires dans la lutte contre l’inflation
« Les pays ont souvent eu recours à d’autres outils que la politique monétaire pour lutter contre l’inflation. Le récent épisode inflationniste n’a pas fait exception. Nous faisons le point sur les politiques de stabilisation de l’inflation mises en œuvre historiquement et lors de la reprise post-pandémique et examinons leur justification et leurs limites.
samedi 12 octobre 2024
Des stocks tampons pour la stabilité des prix ?
« La forte inflation de ces dernières années a amené à reconsidérer les politiques de stabilisation des prix. Ces dernières semaines, par exemple, la vice-présidente Kamala Harris a proposé de nouvelles mesures de contrôle des loyers et de lutte contre les prix abusifs. Parmi les propositions peu orthodoxes de stabilisation des prix qui sont débattues à Washington, il y a celle de créer des stocks tampons de produits de base. L’économiste Isabella Weber de l’Université du Massachusetts à Amherst a récemment soutenu au Peterson Institute que les stocks tampons publics, notamment de produits alimentaires, pourraient stabiliser les prix, réduire la volatilité macroéconomique et réduire la faim dans le monde à notre "époque de situations d’urgence enchevêtrées".
mardi 20 août 2024
Qu’est-il arrivé à l’inflation ?
« La forte inflation au cours des deux premières années du mandat de Joe Biden a eu un impact considérable sur sa popularité et le souvenir de cet épisode inflationniste est probablement la principale raison pour laquelle, du moins jusqu'à récemment, les sondages donnaient à Donald Trump un large avantage en ce qui concerne l'économie.
vendredi 24 mai 2024
Six croyances que j'ai à propos de l’inflation
« J’ai commencé mes études d’économie dans les années 1970, lorsque l’inflation était l’une des questions macroéconomiques dominantes. La lutte contre l’inflation concentrait alors nos esprits et nous a conduits, moi et beaucoup de mes camarades de classe, vers des carrières de macroéconomistes. Lors de mon premier emploi dans le monde politique, j'ai passé l'été 1978 en tant que stagiaire au Congressional Budget Office (CBO), où l’on m'a confié la tâche d'estimer diverses spécifications pour la courbe de Phillips. L’objectif était de mieux comprendre les forces à l’origine de l’inflation.
mercredi 20 décembre 2023
Salaires et inflation : laissez enfin les travailleurs tranquilles !
« L'actualité de la semaine dernière est le fossé qui s'est ouvert entre la banque centrale américaine, la Fed, et les banques centrales européenne et britannique. Apparemment, les trois institutions ont adopté la même stratégie, décidant de laisser les taux d'intérêt inchangés, face à la baisse de l'inflation et au ralentissement de l'économie. Mais pour les banques centrales, ce que vous dites est tout aussi important que ce que vous faites ; et tandis que la Fed a annoncé que dans les mois à venir (sauf surprise, bien sûr) elle commencerait à desserrer les rênes, en réduisant son taux d'intérêt, la Banque d'Angleterre et la BCE ont refusé d'annoncer des réductions dans un avenir proche.
mardi 12 décembre 2023
Quelles leçons pouvons-nous tirer de la bulle inflationniste de 2021-2023 ?
« L'inflation a augmenté, mais à présent elle est en baisse. Pas seulement au Royaume-Uni, mais aussi un peu partout ailleurs. Quelles leçons macroéconomiques pouvons-nous en tirer et quelles questions subsistent encore ? Est-ce que "l’équipe transitoire" (team transitory) avait raison après tout ? Les banques centrales ont-elles été trop lentes à relever leurs taux ? Une fois qu’elles ont commencé à les relever, les ont-elles relevés trop vite ?
jeudi 23 novembre 2023
La Fed devrait-elle recevoir le crédit pour la désinflation ?
« Le 14 novembre, le Bureau of Labor Statistics des Etats-Unis a annoncé que l’indice des prix à la consommation n’avait pas varié en octobre (qu’il soit désaisonnalisé ou non). Autrement dit, le niveau de l’indice des prix à la consommation n’a pas changé, ni le taux d’inflation, qui a été nul. Bien sûr, les chiffres sur un mois sont trop volatils pour tirer une conclusion. Les prix de l’essence ne vont pas chaque mois chuter de 5,0 %, comme ils l’ont fait de septembre à octobre.
lundi 3 juillet 2023
L’inflation est un problème politique
« Pourquoi l’inflation est-elle un problème ? Je pose cette question car la réponse du sens commun est erronée et la réponse standard des économistes obsolète.
vendredi 1 juillet 2022
L’économie mondiale est aujourd'hui effroyablement similaire à ce qu'elle était dans les années 1970
« L’économie mondiale connaît un ralentissement soudain de l’activité accompagné d’une forte accélération de l’inflation mondiale, cette dernière atteignant des niveaux qu’elle n’avait pas atteints depuis plusieurs décennies. Ces développements amènent certains à craindre une stagflation, c’est-à-dire une conjonction entre faible croissance et forte inflation, similaire à ce que le monde a subi dans les années 1970. Nous avons vu quels dommages cela peut infliger aux pays émergents et en développement. La stagflation à l’époque s’était soldée par une récession mondiale et une série de crises financières dans les pays émergents et en développement. A la lumière des leçons tirées de l’épisode de stagflation, ces économies doivent rapidement réfléchir à des politiques pour faire face aux conséquences d’un resserrement rapide des conditions de financement mondiales.
lundi 21 février 2022
Entretien avec la macroéconomiste Emi Nakamura
« Si vous demandez à n'importe quel économiste de vous dire quelles sont les stars de la profession à l’heure actuelle, le nom d’Emi Nakamura sera probablement au sommet de la liste. En 2019, Nakamura a gagné la médaille John Bates Clark, l’une des deux plus prestigieuses récompenses en science économique et en l’occurrence une récompense qui va rarement à un macroéconomiste. D’origine canadienne et travaillant maintenant à Berkeley, l’Université de Californie, elle continue d’amasser les publications dans les revues les plus prestigieuses à un rythme stupéfiant.
jeudi 18 février 2021
Pourquoi il est légitime de s’inquiéter du plan de relance de Biden
« Les économistes (notamment moi-même) qui ont été d’accord avec la secrétaire du Trésor Janet Yellen à propos du besoin d’"envoyer du lourd" sur un plan de protection et de relance, mais qui expriment des réserves quant à la taille du plan de relance de 1.900 milliards de dollars de l’administration Biden contre le coronavirus, ont fait l’objet de critiques affirmant que préoccupations relatives à la surchauffe et à l’inflation étaient excessives. Un débat constructif s’est engagé. Ce billet de blog se penche sur trois grandes questions de ce débat et explique pourquoi je suis inquiet : premièrement, la taille de l’écart de production (output gap), c’est-à-dire l’écart entre la production potentielle et la production effective dans l’économie ; deuxièmement, la taille des multiplicateurs, c’est-à-dire les effets probables de la relance sur l’activité économique ; et troisièmement, l’inflation qu’une économie en surchauffe peut connaître.
vendredi 24 avril 2020
Une forte inflation dans les pays développés est improbable, mais pas impossible
« Y aura-t-il à l’avenir de la déflation ou de l’inflation ? Certains observateurs mettent en avant le fait que les prix des produits de base chutent, que les prix du pétrole s'écroulent et que le marché du travail est déprimé et ils prédisent en conséquence une faible inflation, peut-être même de la déflation selon l’horizon de la prévision. D’autres mettent en avant le fait qu’il y a de fortes hausses des déficits budgétaires et des bilans des banques centrales et ils prédisent de l’inflation, peut-être même une forte inflation.
La plupart de mes scénarii confortent l’hypothèse de la faible inflation. Mais je ne peux complètement écarter une petite probabilité de forte inflation. Je vais m’expliquer.
jeudi 23 janvier 2020
Comment expliquer l’énigme de l’inflation ?
« L’inflation aux Etats-Unis, comme l’explique Janet Yellen, ne se comporte pas comme elle le faisait par le passé, ce qui pose un défi aux théories économiques standards et explique en partie pourquoi la Réserve fédérale a décidé de maintenir les taux d’intérêt à un niveau inhabituellement faible, alors même que le chômage s’est retrouvé à un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis un demi-siècle.
mardi 16 février 2016
Y a-t-il des arguments justifiant une inflation supérieure à sa cible ?
« La théorie monétaire standard suggère que le taux d’intérêt nominal de court terme doit être réduit pour stimuler l’économie lorsque la demande globale est insuffisante, que la production est inférieure à son potentiel et que l’inflation est faible, c’est-à-dire lorsque les ressources économiques (notamment la main-d’œuvre) ne sont pas pleinement utilisées. Cependant le taux d’intérêt nominal est borné ; il peut difficilement aller en-deçà de zéro. En théorie, Eggertsson et Woodford (2003) ont montré que lorsque les taux d’intérêt nominaux sont contraints par leur borne zéro (zero lower bound), il est opportun pour la banque centrale de laisser l’inflation aller au-delà de sa cible pour accélérer la reprise de l’activité économique réelle.

