« A un âge où la plupart des autres enfants se plongeaient dans les livres de contes, Christiane Baumeister était attirée par les graphiques de l'offre et de la demande. "Mon père était professeur d'économie au lycée et j'adorais passer du temps dans son bureau à feuilleter ses livres", raconte-t-elle. "Lorsque j’ai dû choisir ma discipline, j'ai choisi l'économie et je n'ai jamais regardé en arrière."
jeudi 16 juillet 2026
Entretien avec Christiane Baumeister sur les effets des chocs pétroliers
lundi 30 mars 2026
La reprise post-pandémique a été plus forte que prévu, mais pas pour tout le monde
« L'économie mondiale a connu une reprise particulièrement vigoureuse après la pandémie. Cinq ans après la récession mondiale de 2020, le revenu mondial par tête est supérieur d’environ 10 % à son niveau de 2019, ce qui en fait un rebond plus vigoureux que celui qui a suivi la crise financière mondiale de 2009. Cette résilience est extraordinaire compte tenu de la succession de chocs qui ont suivi la pandémie : les graves perturbations des chaînes d'approvisionnement, la flambée de l'inflation, le resserrement monétaire mondial sans précédent depuis des décennies et la montée des tensions géopolitiques.
samedi 17 janvier 2026
La puissance exportatrice de la Chine est le signe à la fois de forces et de faiblesses économiques
« La Chine a fini l'année 2025 avec un excédent commercial record de 1 190 milliards de dollars. Cet excédent reflète la domination remarquable de la Chine en tant qu'exportateur de biens manufacturés. Mais il tient aussi à la faiblesse des dépenses des ménages chinois, qui limite la demande d'importations du pays et accroît la dépendance de son économie vis-à-vis des acheteurs étrangers pour absorber sa production domestique. Les partenaires commerciaux chinois s'opposent de plus en plus à cet excédent, comme en témoignent les efforts de l'administration Trump pour relever les droits de douane sur les exportations chinoises vers les États-Unis. Au sein des cercles politiques chinois, on reconnaît de plus en plus que la dépendance de l'économie aux investissements dans l’industrie et aux exportations est politiquement et économiquement insoutenable. Les dirigeants chinois cherchent à stimuler la consommation des ménages, un des objectifs de leur prochain plan quinquennal, mais la transition vers une croissance plus équilibrée nécessitera une réorientation majeure de leurs politiques.
lundi 22 décembre 2025
Le boom de l’IA : quelques leçons de l’histoire
« Ces dernières années ont été marquées par un boom extraordinaire de l'intelligence artificielle (IA), nourri par la conviction largement répandue que l'IA est une technologie véritablement transformatrice qui stimulera la croissance économique pendant de nombreuses années, à l'instar de l'adoption du chemin de fer, de l'électricité, de l'automobile, de l'ordinateur personnel et d'internet au cours des deux derniers siècles. Mais il y a aussi beaucoup de sceptiques qui estiment que ce boom est largement excessif, que les retombées économiques ne se manifesteront que lentement et qu’une bulle est en train de se former autour de l'IA, une bulle qui éclatera avec des conséquences potentiellement graves pour l'économie américaine. Les précédents cycles d'investissements massifs dans le changement technologique peuvent nous éclairer sur les différentes manières dont l'IA pourrait effectivement être une bulle, sur les conséquences qu’une telle bulle engendrerait et sur les indicateurs qu’il faut observer pour évaluer sur quelle trajectoire l’IA se trouve actuellement.
lundi 10 novembre 2025
À la recherche des fondamentaux économiques de la bulle de l'IA
« Ces dernières semaines, l'idée que nous soyons témoins d’une "bulle de l'IA" est passée des marges du débat public au grand public. Comme l'a si bien dit la chroniqueuse au Financial Times Katie Martin, "les discussions sur la bulle éclatent partout".
lundi 30 décembre 2024
Une stagnation aux caractéristiques chinoises
Comment ne pas gérer une économie en déclin
« Au début des années 2000, un petit groupe d’économistes du New Jersey (oui, nous avons tous travaillé dans le New Jersey, cela vous pose problème ?) a formé ce que Scott Sumner a appelé l’"École de Princeton". Ce groupe comprenait ma personne, Lars Svensson, Michael Woodford et un certain Ben Bernanke – que lui est-il arrivé ? Nous étions tous préoccupés par l’apparente incapacité du Japon à sortir de la déflation et nous nous inquiétions de voir des problèmes de type japonais se manifester dans d’autres économies, ce qui fut effectivement le cas.
vendredi 27 décembre 2024
Une enquête sur le ralentissement économique dans la zone euro
« Les performances économiques de la zone euro sont moroses depuis 2018 environ, et plus particulièrement encore ces dernières années. Comme l’ont indiqué les rapports d’Enrico Letta et de Mario Draghi, l’économie de la zone euro fait face à des défis structurels notables, qui ont exacerbés par la pandémie et les perturbations des marchés de l’énergie qui ont résulté de la reprise de l’invasion russe de l’Ukraine. Cela contraste avec la récente vigueur de l’économie américaine, qui n’a pas autant souffert du choc énergétique et qui continue d’être soutenue par de fortes dépenses publiques.
vendredi 6 décembre 2024
Le cycle d’affaires et l’incertitude autour de la politique économique en France
« Depuis que le président Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale, le dimanche 9 juin 2024, la France connaît une période de turbulences politiques, dont les conséquences économiques sont largement commentées dans les médias. La démission du gouvernement Barnier le 5 décembre 2024 a encore accru les incertitudes sur l’avenir politique et économique du pays. Mesurer l’incertitude et ses effets n’est pas une tâche aisée, car cette information n’existe pas dans la nature ; elle doit donc être calculée.
vendredi 24 mai 2024
Six croyances que j'ai à propos de l’inflation
« J’ai commencé mes études d’économie dans les années 1970, lorsque l’inflation était l’une des questions macroéconomiques dominantes. La lutte contre l’inflation concentrait alors nos esprits et nous a conduits, moi et beaucoup de mes camarades de classe, vers des carrières de macroéconomistes. Lors de mon premier emploi dans le monde politique, j'ai passé l'été 1978 en tant que stagiaire au Congressional Budget Office (CBO), où l’on m'a confié la tâche d'estimer diverses spécifications pour la courbe de Phillips. L’objectif était de mieux comprendre les forces à l’origine de l’inflation.
mardi 14 novembre 2023
La stagnation actuelle de l’Europe est en partie la conséquence de l'obsession du déficit public
« La règle empirique que les journalistes utilisent pour définir une récession, à savoir la succession de deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB, n’est pas sans inconvénient. Si l’économie croît de 0,1 %, les gros titres diront que "le Royaume-Uni a évité la récession", mais si la croissance est de -0,1 % deux trimestres consécutifs, les gros titres diront que "le Royaume-Uni est entré en récession". Pourtant la différence entre les deux, équivalente à 0,2 % du PIB, est bien dans les erreurs de mesures généralement associées à la croissance du PIB. D’un point de vue économique, il n’y a pas de différence significative entre une croissance de 0,1 % et une croissance de – 0,1 %, si bien que parler de récession dans le cas de cette dernière, mais pas dans celui de la première, est ridicule.
lundi 16 octobre 2023
Phelps et Fitoussi
« J'ai rencontré pour la première fois Jean-Paul Fitoussi en 1984. Nous sommes devenus de bons amis au cours de mon année en tant que chercheur invité en 1985-86 à l’Institut universitaire européen de Fiesole et nous sommes restés des amis très proches par la suite. Lui et moi étions différents : j'étais un Américain issu d'une banlieue de New York et d'Amherst College et qui avais fait carrière dans le monde universitaire américain et Jean-Paul était un Tunisien issu de La Goulette, qui est passé par l'Université de Strasbourg et qui a fait carrière à Sciences-Po. Peut-être que ce sont nos différences de parcours qui nous ont rendus intéressants l’un pour l’autre.
vendredi 1 juillet 2022
L’économie mondiale est aujourd'hui effroyablement similaire à ce qu'elle était dans les années 1970
« L’économie mondiale connaît un ralentissement soudain de l’activité accompagné d’une forte accélération de l’inflation mondiale, cette dernière atteignant des niveaux qu’elle n’avait pas atteints depuis plusieurs décennies. Ces développements amènent certains à craindre une stagflation, c’est-à-dire une conjonction entre faible croissance et forte inflation, similaire à ce que le monde a subi dans les années 1970. Nous avons vu quels dommages cela peut infliger aux pays émergents et en développement. La stagflation à l’époque s’était soldée par une récession mondiale et une série de crises financières dans les pays émergents et en développement. A la lumière des leçons tirées de l’épisode de stagflation, ces économies doivent rapidement réfléchir à des politiques pour faire face aux conséquences d’un resserrement rapide des conditions de financement mondiales.
mercredi 29 juin 2022
Un bref essai sur les différences entre Marx et Keynes
« Ce bref texte a été stimulé par ma récente lecture de la traduction française de l’Essai sur l’économie de Marx que Joan Robinson a écrit en 1942, ainsi que de divers autres textes que Robinson a pu écrire à propos de Marx, de Marshall et de Keynes. (La traduction et la préface sont d’Ulysse Lojkine.) Sa rédaction a aussi été stimulée par la très bonne présentation de la vie de Joan Robinson et de l'Essai que vient juste de publier Carolina Alvers dans The Journal of Economic Perspectives.
mercredi 1 avril 2020
Quelques notes sur le coronacoma
« La contraction économique que nous connaissons est la plus rapide qui ait été enregistrée, et de loin : l’économie américaine a probablement perdu autant d’emplois au cours des deux dernières semaines que nous en avons perdus durant l’ensemble de la Grande Récession. La réponse de la politique économique est également gigantesque, représentant, en pourcentage du PIB, un multiple de la relance Obama.
vendredi 6 mars 2020
L'économie au temps du coronavirus
« Le COVID-19 propage des souffrances humaines à travers le monde ; c’est ce sur quoi nous devrions tous nous focaliser. Mais nous, nous ne sommes pas des docteurs. Nous sommes des économistes. Et le coronavirus propage des souffrances économiques à travers le monde. Le virus pourrait en fait être aussi contagieux économiquement qu'il ne l'est médicalement. (…)
jeudi 27 février 2020
Le coronavirus va-t-il entraîner une récession mondiale ?
« Au début de l’année, le moral économique tendait vers l’optimisme. Certes, la croissance économique avait un peu ralenti en 2019. Le PIB des Etats-Unis avait augmenté de 2,3 % en 2019, contre 2,9 % en 2018. La croissance mondiale était également faible en 2019 : 2,9 % selon les estimations du FMI, contre 3,6 % l’année précédente. Pourtant, il n’y avait toujours pas de récession. Et les prévisions de janvier suggéraient un rebond de la croissance mondiale en 2020.
jeudi 21 novembre 2019
Qu’y a-t-il de si mauvais avec l’incertitude ?
« La seule certitude en politique aujourd’hui est celle qu’elle est incertaine. D’un point de vue britannique, il y a le jeu d’échecs apparemment sans fin autour du Brexit […]. Je suis sûr qu’il ne m’est pas nécessaire d’évoquer la situation aux Etats-Unis.
L’idée répandue est que l’incertitude politique est une mauvaise nouvelle, du moins pour l’économie. Est-ce réellement le cas ? Et si c’est le cas, pourquoi ? […]
mercredi 22 juin 2016
Trois remarques sur la relation entre croissance de la productivité et taux d’intérêt
« L’opinion communément admise à propos de la courbe des taux du Trésor américain est en gros la suivante : la croissance de la productivité semble être faible, or la croissance de la productivité et les taux d’intérêt varient amplement dans le même sens, donc on pourrait s’attendre à ce que les taux d’intérêt à long terme restent également faibles. Et le fait que l’orientation actuelle de la politique monétaire de la Fed (un maintien des taux proches de zéro) ait généré une croissance de la demande légèrement en excès par rapport à la croissance potentielle suggère que les Etats-Unis ne sont pas loin de ces faibles taux neutres de long terme.
Une telle idée peut être remise en question sur plusieurs fronts.
samedi 30 avril 2016
Quand l’Europe a sombré
« Alors que j'étais en train de travailler sur l’économie européenne, je me découvre quelque peu insatisfait par les nombreuses comparaisons entre les Etats-Unis et la zone euro [...]. Pourquoi ? Pour la même raison que vous devez être prudent lorsque vous dressez un portrait pessimiste du Japon : la démographie.
jeudi 14 avril 2016
La faible croissance est une réalité dans le monde d’après-crise
« Une fois passées les phases aiguës de la crise financière et de la crise de l’euro, il est devenu manifeste que les économies avancées mettraient du temps à se rétablir. L’histoire des crises financières passées nous a clairement montré que la reprise est généralement longue et douloureuse suite à celles-ci.
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