« Alan Greenspan, qui est mort cette semaine à l'âge de 100 ans, fut l'un des présidents les plus influents du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale en 112 ans d'existence. Mais influent ne signifie pas sans défaut. On pourrait dire que son mandat, le deuxième plus long de l'histoire de la Fed, a finalement donné raison à une grande partie de ce à quoi il s'était opposé.
jeudi 25 juin 2026
L'héritage contrasté d'Alan Greenspan
mercredi 13 mai 2026
La géopolitique des stablecoins
« Les stablecoins sont des monnaies numériques privées indexées sur une monnaie fiduciaire, le plus souvent le dollar américain. Les stablecoins en dollars renforcent l'hégémonie monétaire et politique des Etats-Unis, procurant des avantages fiscaux et stratégiques aux États-Unis et aux juridictions pivots, tandis que les pays utilisateurs absorbent les risques et les coûts sans exercer de contrôle équivalent.
lundi 13 avril 2026
Le dollar n’est pas responsable du déficit courant américain
« L'administration Trump et les dirigeants chinois divergent généralement sur la politique économique, mais certains membres éminents de leurs équipes économiques semblent s'accorder sur une idée : le statut du dollar en tant que principale monnaie de réserve mondiale est l'un des principaux facteurs des déficits importants et persistants du compte courant américain.
mardi 17 février 2026
La dangereuse nostalgie de Kevin Warsh
« Les marchés financiers ont salué la nomination de Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell à la présidence de la Réserve fédérale américaine et l’on comprend aisément pourquoi. Warsh n'est ni un idéologue trumpiste ni un alarmiste en matière d'inflation. C'est un décideur chevronné qui s'appuie sur un cadre d'analyse rigoureux, forgé par son expérience à la Fed lors de la crise financière mondiale de 2008 et qui considère les excès bureaucratiques avec un sain scepticisme. Mais malgré son expérience et sa rigueur intellectuelle, Warsh risque de commettre une erreur capitale lorsqu’il prendra la tête de la Fed.
lundi 22 décembre 2025
Le boom de l’IA : quelques leçons de l’histoire
« Ces dernières années ont été marquées par un boom extraordinaire de l'intelligence artificielle (IA), nourri par la conviction largement répandue que l'IA est une technologie véritablement transformatrice qui stimulera la croissance économique pendant de nombreuses années, à l'instar de l'adoption du chemin de fer, de l'électricité, de l'automobile, de l'ordinateur personnel et d'internet au cours des deux derniers siècles. Mais il y a aussi beaucoup de sceptiques qui estiment que ce boom est largement excessif, que les retombées économiques ne se manifesteront que lentement et qu’une bulle est en train de se former autour de l'IA, une bulle qui éclatera avec des conséquences potentiellement graves pour l'économie américaine. Les précédents cycles d'investissements massifs dans le changement technologique peuvent nous éclairer sur les différentes manières dont l'IA pourrait effectivement être une bulle, sur les conséquences qu’une telle bulle engendrerait et sur les indicateurs qu’il faut observer pour évaluer sur quelle trajectoire l’IA se trouve actuellement.
jeudi 11 décembre 2025
Les bulles seraient-elles en fait bonnes pour l'économie ?
« La psychiatre suisse Elisabeth Kübler-Ross a suggéré qu’il y a cinq étapes dans le deuil, mais plus personne n’a la capacité de concentration nécessaire pour ça. On est passé directement de la première étape, le déni ("il n'y a pas de bulle autour de l’IA !") à la cinquième, l'acceptation ("l'IA est une bulle et les bulles sont géniales !").
vendredi 28 novembre 2025
C’est reparti comme en 2008 ! Les acolytes de Trump sapent la stabilité financière
« Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers faisait faillite. En quelques semaines, tout le système financier américain était pris dans la spirale baissière d’une panique bancaire massive, d'une ampleur inédite depuis les années 1930. Pourtant, il y a eu une différence majeure avec les crises bancaires des années 1930 : en 2008, la panique a principalement provoqué une fuite du "système bancaire parallèle" (shadow banking), ces institutions non bancaires qui réalisent des fonctions similaires à celles des banques. Les banques conventionnelles ont été largement immunisées contre la panique de 2008 grâce à la garantie des dépôts et à la réglementation fédérale (héritées des crises bancaires des années 1930) qui les protégeaient.
mercredi 26 novembre 2025
La Fed ne peut pas sauver l'IA
Quelques leçons tirées de l'éclatement de la bulle internet
« On pourrait dire que l'économie américaine en 2025 a été schizoïde. D'un côté, Donald Trump a brutalement renversé 90 ans de politique commerciale américaine, rompant tous nos accords internationaux et faisant grimper les droits de douane à des niveaux qui n’avaient pas été atteints depuis les années 1930. Pire encore, ces droits de douane sont constamment modifiés, et ce de manière imprévisible. Cette incertitude est clairement mauvaise pour les entreprises et elle pèse sur l'économie. D’un autre côté, il y a simultanément un boom des investissements liés à l'IA, qui stimule l'économie.
lundi 10 novembre 2025
À la recherche des fondamentaux économiques de la bulle de l'IA
« Ces dernières semaines, l'idée que nous soyons témoins d’une "bulle de l'IA" est passée des marges du débat public au grand public. Comme l'a si bien dit la chroniqueuse au Financial Times Katie Martin, "les discussions sur la bulle éclatent partout".
lundi 27 octobre 2025
La domination budgétaire
« Imaginez que la politique budgétaire domine la politique monétaire. […] Si les déficits de l'autorité budgétaire ne peuvent être financés uniquement par de nouvelles émissions d'obligations, alors l'autorité monétaire est forcée de créer de la monnaie et de tolérer une inflation supplémentaire »
mercredi 20 août 2025
Les inégalités aux Etats-Unis (5/5) : une financiarisation prédatrice
« […] La semaine dernière, j'avais noté que les plus grosses fortunes en Amérique se fondent désormais principalement sur des quasi-monopoles technologiques. Mais si l'on poursuit un peu dans le classement Forbes 400, on voit un certain nombre de ploutocrates qui ont gagné des dizaines de milliards dans la finance, en particulier grâce aux fonds spéculatifs. Ceux-ci comptent des personnalités comme Stephen Schwarzman, qui a comparé les efforts visant à supprimer une niche fiscale favorable à Wall Street à l'invasion de la Pologne par Hitler, et Ken Griffin, un méga-donateur républicain.
lundi 12 mai 2025
Donald Trump contre monsieur Marché
« Qui peut prédire ce qu'il fera ensuite ? En 1987, l'un des experts les plus réputés au monde a déclaré : "C'est triste à dire, mais ce pauvre type souffre de problèmes émotionnels incurables. Parfois, il se sent euphorique et ne peut voir que des facteurs positifs… D'autres fois, il est déprimé et ne voit rien d’autre que les ennuis."
lundi 14 avril 2025
Le fétichisme de la Bourse
« Les récentes turbulences sur le marché boursier provoquées par la mesure inconsidérée de Donald Trump d’imposer des droits de douane au monde entier, ont soulevé une question légitime : quelle est la bonne attitude à avoir face aux effondrements et krachs du marché boursier ? C’est une question qui se pose indépendamment de la chaîne de décisions et d'événements qui ont entraîné la récente chute des cours boursiers.
lundi 17 mars 2025
Pourquoi le prix de l'or a-t-il fortement augmenté ?
« Le prix de l'or a bondi de plus de 40 % depuis fin 2023, atteignant 3 000 dollars l'once mi-mars 2025. Cette flambée ne s’explique pas par une hausse soudaine de la demande d'or en joaillerie ou pour son utilisation dans la production industrielle. Elle reflète plutôt la hausse de la demande de métal jaune en tant qu'actif financier. Historiquement, l'or a été détenu par les investisseurs privés qui le considèrent comme un bon moyen de protéger leur patrimoine en période d'inflation ou de forte incertitude, ainsi que par les banques centrales comme composante de leurs réserves internationales. Ces évolutions peuvent-elles expliquer la récente flambée du prix de l'or ?
vendredi 21 février 2025
Quand Trump rencontre Minsky
« Parfois (en fait, assez souvent), on dirait que l’administration Musk/Trump tente de saper les politiques gouvernementales efficaces précisément parce qu’elles ont été efficaces.
vendredi 22 novembre 2024
La triple menace inflationniste de Trump
« En 1919, John Maynard Keynes a déclaré : "Il n’y a pas de moyen plus subtil et plus sûr de renverser les bases existantes de la société que de débaucher la monnaie". Keynes a attribué cette intuition au leader bolchevique Lénine, qui a affirmé que la dépréciation de la monnaie était le "meilleur moyen pour détruire le système capitaliste".
vendredi 2 août 2019
Pourquoi la population rejette-t-elle autant le libre-échange et si peu la finance ?
« Dani Rodrik a tweeté une bonne question l’autre jour : pourquoi y a-t-il autant de rejet vis-à-vis le libre-échange, mais si peu vis-à-vis de la finance ? Au Royaume-Uni, il reste à déterminer s’il y a eu un rejet vis-à-vis du libre-échange, mais il n’y en a certainement pas eu vis-à-vis de la finance, donc la question de Dani reste valide.
lundi 14 octobre 2013
Fama, Hansen et Shiller : un Nobel pour l’analyse empirique des prix d’actifs
« Il est impossible de prédire si le prix des actions et des obligations va augmenter ou baisser au cours des prochains jours ou des prochaines semaines. Mais il est tout à fait possible d'anticiper l'évolution générale des prix de ces actifs sur des périodes plus longues, par exemple les trois à cinq prochaines années. Ces constats, qui peuvent paraître à la fois surprenants et contradictoires, ont été établis et analysés par Eugene Fama, Lars Peter Hansen et Robert Shiller, les lauréats du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel de cette année.
mardi 9 avril 2013
Quand l’excès d’épargne mondial rencontre la Grande Récession
« Kenneth Rogoff a écrit un article très intéressant sur le mystère entourant la faiblesse des taux d'intérêt. Il commence par remonter à 2005, lorsque Ben Bernanke rendait l’"excès d'épargne mondial" (global saving glut) responsable des taux d'intérêt réels exceptionnellement bas (par rapport aux normes historiques) dans l'économie mondiale. Son commentaire était une réaction à l'hypothèse classique selon laquelle les taux d'intérêt sont déterminés par les banques centrales. Ken Rogoff […] "partage l'instinct de Bernanke selon lequel les banques centrales décident des taux d'intérêt de très court terme, mais n'ont pratiquement aucune influence sur les taux réels (corrigés de l'inflation) de long terme, outre un modeste effet via les politiques de gestion de portefeuille (par exemple, l’assouplissement quantitatif)."
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