« Ce mois-ci marque le cinquantième anniversaire du mois (mars 1973) où le dollar, le yen, le deutschemark, la livre sterling et d’autres devises commencèrent à flotter, leurs valeurs relatives étant depuis lors déterminées par les marchés des changes plutôt que par les gouvernements. L’abandon du système de Bretton Woods des taux de change fixes a généralement été considéré comme un échec. Le passage des taux de change fixes aux taux de change flexibles a toutefois probablement résulté d’un processus de long terme inévitable, naturel.
vendredi 24 mars 2023
Cinquante ans de flottement
mardi 13 décembre 2022
Le commerce international promeut-il la paix ? Peut-être pas…
« Au début du vingtième siècle, l’auteur britannique Norman Angell a publié un livre intitulé La Grande Illusion (The Great Illusion), où il déclarait que le progrès économique et la croissance du commerce mondial avaient rendu la guerre obsolète. Les pays, affirma-t-il, ne pouvaient plus s’enrichir via la conquête : les travailleurs de l’industrie ne pouvaient pas être exploités comme des paysans et même de petits pays peuvent prospérer en important des matières premières et en vendant leurs marchandises sur les marchés mondiaux. En outre, la guerre entre des pays économiquement interdépendants pouvait être immensément coûteuse, même pour les vainqueurs.
lundi 10 octobre 2022
Prix Nobel 2022 : Bernanke, Diamond et Dybvig ont expliqué le rôle central des banques dans les crises financières
« La Grande Dépression des années 1930 a paralysé les économies à travers le monde pendant plusieurs années et elle a eu d’importantes conséquences sociétales. Cependant, nous avons réussi à mieux gérer les crises financières ultérieures grâce aux travaux des lauréats du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, Ben Bernanke, Douglas Diamond et Philip Dybvig. Ils ont démontré qu’il est important de prévenir les effondrements généralisés des banques…
vendredi 1 juillet 2022
L’économie mondiale est aujourd'hui effroyablement similaire à ce qu'elle était dans les années 1970
« L’économie mondiale connaît un ralentissement soudain de l’activité accompagné d’une forte accélération de l’inflation mondiale, cette dernière atteignant des niveaux qu’elle n’avait pas atteints depuis plusieurs décennies. Ces développements amènent certains à craindre une stagflation, c’est-à-dire une conjonction entre faible croissance et forte inflation, similaire à ce que le monde a subi dans les années 1970. Nous avons vu quels dommages cela peut infliger aux pays émergents et en développement. La stagflation à l’époque s’était soldée par une récession mondiale et une série de crises financières dans les pays émergents et en développement. A la lumière des leçons tirées de l’épisode de stagflation, ces économies doivent rapidement réfléchir à des politiques pour faire face aux conséquences d’un resserrement rapide des conditions de financement mondiales.
mercredi 29 juin 2022
Un bref essai sur les différences entre Marx et Keynes
« Ce bref texte a été stimulé par ma récente lecture de la traduction française de l’Essai sur l’économie de Marx que Joan Robinson a écrit en 1942, ainsi que de divers autres textes que Robinson a pu écrire à propos de Marx, de Marshall et de Keynes. (La traduction et la préface sont d’Ulysse Lojkine.) Sa rédaction a aussi été stimulée par la très bonne présentation de la vie de Joan Robinson et de l'Essai que vient juste de publier Carolina Alvers dans The Journal of Economic Perspectives.
vendredi 10 juin 2022
La fin de la suprématie du dollar ?
« Chaque décennie, le débat à propos du rôle du dollar américaine en tant que première devise au monde revient : la monnaie américaine sera-t-elle détrônée par celle d’un autre pays ? Dans les années 1970, les prétendants étaient le yen japonais et le Deutschemark allemand. Puis, avec l’Union économique et monétaire, l’euro a été vu comme un rival. Au cours de la dernière décennie, le renminbi a pris le rôle de possible aspirant. Où en sommes-nous en aujourd’hui ?
vendredi 15 avril 2022
Pourquoi le dollar domine
« Le dollar américain est-il sur le point de perdre le rôle singulièrement dominant qu’il joue dans le système financier mondial ? Je n’ai cessé d'entendre des gens se poser cette question tout au long de ma carrière professionnelle. Sérieusement : j’ai publié mon premier article sur le sujet en 1980. Beaucoup de choses ont changé dans le monde depuis que je l’ai écrit, notamment la création de l’euro et l’essor de la Chine. Pourtant la réponse reste la même : probablement pas. Pour différentes raisons (la fragmentation politique en Europe, le caprice autocratique en Chine), ni l’euro, ni le yuan ne sont une alternative plausible au dollar. Même si la domination du dollar s’érode, cela n’aura pas beaucoup d’importance.
lundi 21 février 2022
Entretien avec la macroéconomiste Emi Nakamura
« Si vous demandez à n'importe quel économiste de vous dire quelles sont les stars de la profession à l’heure actuelle, le nom d’Emi Nakamura sera probablement au sommet de la liste. En 2019, Nakamura a gagné la médaille John Bates Clark, l’une des deux plus prestigieuses récompenses en science économique et en l’occurrence une récompense qui va rarement à un macroéconomiste. D’origine canadienne et travaillant maintenant à Berkeley, l’Université de Californie, elle continue d’amasser les publications dans les revues les plus prestigieuses à un rythme stupéfiant.
mardi 21 décembre 2021
La faiblesse des taux d’intérêt nous oblige à reconsidérer la politique budgétaire
« Au cours de la dernière décennie, il est devenu manifeste que le déclin des taux d’intérêt réels nous forcent à reconsidérer la portée et le rôle de la politique budgétaire. C’est pourquoi j’ai essayé de le faire dans un livre que je viens de finir. Le livre, intitulé Fiscal Policy Under Low Interest Rates, est désormais disponible sur un site en libre accès de MIT Press où je vous encourage à laisser des commentaires et des suggestions. Je réviserai ce livre à la lumière de ces commentaires au début de l’année prochaine et le livre sera publié à la fin de celle-ci.
Je pense que la meilleure façon de vendre les idées du livre et de vous convaincre de le lire et de potentiellement y contribuer est d’écrire 45 points. Les voici :
lundi 11 octobre 2021
Card, Angrist et Guido, ou comment les expériences naturelles peuvent aider à répondre à d’importantes questions
« Les lauréats de cette année, David Card, Joshua Angrist et Guido Imbens, ont montré que les expériences naturelles peuvent être utilisées pour répondre à d’importantes questions de société, par exemple pour savoir comment le salaire minimum et l’immigration peuvent affecter le marché du travail. Ils ont aussi clarifié quelles conclusions à propos de la cause et de l’effet peuvent être tirées en utilisant cette approche de recherche. Ensemble, ils ont révolutionné la recherche économique dans les sciences économiques…
mercredi 28 avril 2021
Changement climatique versus utopie technologique
« L’Humanité n’a jamais fait face à un défi collectif aussi considérable que celui que représente le changement climatique. Les émissions nettes mondiales de gaz à effet de serre doivent être réduites à zéro dans les trois prochaines décennies pour nous donner une chance de maintenir à 2 °C la hausse des températures relativement aux niveaux préindustriels. Plus nous tardons à atteindre ce seuil, plus il est probable que nous allons vers un scénario catastrophe. Avec les Etats-Unis de retour dans l’Accord de Paris, c’est le moment pour le monde de se réengager dans ces défis historiques.
jeudi 18 février 2021
Pourquoi il est légitime de s’inquiéter du plan de relance de Biden
« Les économistes (notamment moi-même) qui ont été d’accord avec la secrétaire du Trésor Janet Yellen à propos du besoin d’"envoyer du lourd" sur un plan de protection et de relance, mais qui expriment des réserves quant à la taille du plan de relance de 1.900 milliards de dollars de l’administration Biden contre le coronavirus, ont fait l’objet de critiques affirmant que préoccupations relatives à la surchauffe et à l’inflation étaient excessives. Un débat constructif s’est engagé. Ce billet de blog se penche sur trois grandes questions de ce débat et explique pourquoi je suis inquiet : premièrement, la taille de l’écart de production (output gap), c’est-à-dire l’écart entre la production potentielle et la production effective dans l’économie ; deuxièmement, la taille des multiplicateurs, c’est-à-dire les effets probables de la relance sur l’activité économique ; et troisièmement, l’inflation qu’une économie en surchauffe peut connaître.
mercredi 14 octobre 2020
Pourquoi l'insécurité économique ne suffit pas pour expliquer l'attrait du populisme
« L’essor du populisme a amené à se poser des questions fondamentales pour les démocraties avancées à travers le monde. Peut-être que la question la plus importante est de savoir pourquoi il a émergé. Certaines analyses mettent en avant des explications économiques. Les Américains qui se laissèrent séduire par les discours nationalistes de Donald Trump et les électeurs britanniques qui approuvèrent la sortie de l’Union européenne auraient été frustrés par les destructions d’emplois provoquées par la mondialisation. Et cette anxiété les a rendus vulnérables aux politiciens qui leur promettaient de reprendre leur pouvoir économique.
lundi 12 octobre 2020
Paul Milgrom et Robert Wilson, des Nobel en quête de l’enchère parfaite
« Chaque jour, les enchères allouent des valeurs astronomiques entre acheteurs et vendeurs. Les lauréats de cette année, Paul Milgrom et Robert Wilson, ont amélioré la théorie des enchères et inventé de nouveaux formats d’enchères, au bénéfice des vendeurs, des acheteurs et des contribuables à travers le monde.
mardi 8 septembre 2020
La rage contre les machines. Quand le changement technologique alimente les troubles civils
« Les violences débutèrent à la fin de l’été 1830 et durèrent jusqu’à l’année suivante. Les paysans de l’Angleterre rurale en avaient assez des batteuses. Ces dernières avaient mécanisé l’extraction du grain de son enveloppe et, en remplaçant le travail manuel, privaient les travailleurs agricoles d’une importante source de revenu. Cela entraîna la plus forte vague de protestations dans l’histoire anglaise.
mercredi 15 juillet 2020
La performance du marché du travail et l’essor du populisme
« (…) Le récent essor du populisme dans les pays développés, en particulier après le référendum du Brexit en 2016 et les élections présidentielles américaines en 2016, est devenu un problème majeur pour les démocraties libérales. La marée populiste a été expliquée par des facteurs économiques et des facteurs non-économiques, notamment le contrecoup culturel vis-à-vis de la mondialisation, du libéralisme et de l’immigration ; la hausse du chômage en raison de la récente crise financière ; et la vulnérabilité des emplois à la robotisation, l’externalisation et la concurrence à l’importation. Cet article affirme que les facteurs économiques (les destructions d’emplois provoquées par la mondialisation et par l’automatisation et la hausse du chômage dans le sillage de la crise financière mondiale) ont joué un rôle majeur. L’incapacité des partis politiques traditionnels à assurer la prospérité de tous a sapé la confiance publique et fournit des opportunités au discours populiste. L’essor du populisme est donc justifié par certains comme une mesure corrective contre les récents échecs des politiques socioéconomiques menées par les partis traditionnels. Cependant, il n’y a pas d'éléments empiriques indiquant que les populistes ont été capables d’améliorer la performance économique lorsqu’ils étaient au pouvoir.
lundi 15 juin 2020
Les Etats-Unis du désespoir
« Bien avant qu’éclate l’épidémie de Covid-19, il y avait une autre épidémie qui sévissait aux Etats-Unis, tuant plus d’Américains en 2018 que le coronavirus n’en a tués jusqu’à présent. Le nombre annuel de "morts de désespoir" (deaths of despair), c'est-à-dire des décès liés aux suicides, aux maladies du foie liées à l’alcool et aux overdoses de drogue, a rapidement augmenté depuis le milieu des années 1990, en passant d’environ 65.000 en 1995 à 158.000 en 2018.
jeudi 21 mai 2020
Arrêter ses études en pleine récession ?
« Les nouveaux diplômés font face à des opportunités d’emploi assez sombres. Beaucoup ne vont pas pouvoir trouver un emploi à plein temps après avoir fini leurs études, aussi bien avec un diplôme du secondaire qu'avec un diplôme du supérieur. La détérioration du marché du travail va aussi avoir des répercussions durables. Mais avec de la patience et de l’ingéniosité, les diplômés peuvent tirer le meilleur parti de la situation et même sortir meilleurs de l’expérience.
jeudi 14 mai 2020
La crise du Covid-19 exacerbe les injustices au travail
« Avec la contraction du tourisme, l’économie française a commencé à s’essouffler plusieurs semaines avant le confinement de la mi-mars. Mais comme dans plusieurs pays, le confinement lui-même a généré un choc sans précédent. Selon l’INSEE et l’OFCE, la contraction du PIB pourrait atteindre le niveau sans précédent de 35 %.
mercredi 13 mai 2020
Ce que les économistes ont appris sur la relance budgétaire depuis la crise financière de 2008
« Il est certain que les Etats-Unis ont basculé dans une récession. Les marchés boursiers ont été continûment secoués depuis février et plus de 20 millions de personnes se sont retrouvés au chômage le mois dernier. Heureusement, les économistes ont appris beaucoup de choses à propos de la lutte contre les récessions depuis la crise financière de 2008, comme nous l’explique notre invitée du jour.



