« Si l’on devait définir la mondialisation néolibérale telle que perçue par les élites occidentales au cours des quatre décennies allant du début des années 1980 aux années 2020 environ, on pourrait dire, de la manière la plus succincte, qu’elle était mue par deux idées : celle du cosmopolitisme et celle de la concurrence.
jeudi 30 avril 2026
Comment les « vertus » de la mondialisation néolibérale ont ouvert la voie à son effondrement
vendredi 10 avril 2026
Le déclin d'Orbán marquera-t-il la chute de Trump ?
« Dimanche, après-demain, la Hongrie tiendra des élections législatives. Vous pourriez croire qu’il s’agit d’un scrutin banal dans un petit pays d'Europe centrale. Mais ces élections revêtent une importance mondiale.
jeudi 22 janvier 2026
La nouvelle économie politique du commerce américain
« La seconde administration Trump a profondément remanié la politique commerciale américaine. Dans un nouvel essai, David A. Lake et moi-même retraçons le contexte historique de la stratégie commerciale de l'administration Trump, examinons les raisons du changement radical de la politique commerciale américaine et résumons les conséquences probables de cette stratégie tant au niveau domestique qu’au niveau international. Le papier est disponible ici.
vendredi 16 janvier 2026
Pourquoi Jerome Powell a dû dire non
« Il n’y a aucun précédent direct pour la menace de poursuites pénales à l’encontre du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, par le ministère de la Justice américain, ni pour la réplique publique de ce dernier. Mais comme l’a dit Mark Twain, bien que l'histoire ne se répète pas, elle rime souvent. En effet, deux épisodes permettent d’éclairer l'impasse actuelle et l'avenir de l'indépendance de la Fed.
lundi 12 janvier 2026
Indépendance de la banque centrale et dominance budgétaire
« Je suis heureuse de participer à un panel sur l'avenir de la Fed. J’évoquerai les menaces qui pèsent sur son indépendance et le risque de dominance budgétaire (fiscal dominance). Malheureusement, ces sujets font désormais l'objet d'une plus grande attention.
samedi 10 janvier 2026
Comment la hausse du pouvoir de marché des entreprises mine la démocratie
« Depuis des décennies, un principe fondamental de l'économie politique est que les marchés concurrentiels et la gouvernance démocratique se renforcent mutuellement. La concurrence disperse le pouvoir économique, empêchant toute entité d'exercer une influence excessive sur les décisions politiques. Réciproquement, la démocratie fournit les fondements institutionnels qui permettent à la concurrence de fleurir. Mais que se passe-t-il lorsque la concurrence sur le marché diminue ?
lundi 3 mars 2025
Dans quelle mesure la Fed est-elle préservée des pressions politiques ?
« L’état de l’économie affecte la popularité des gouvernements en place. Pour cette raison, les politiciens sont incités à tenter d’influencer les décisions de politique monétaire de façon à stimuler la croissance économique grâce à des taux d’intérêt plus faibles. Cette incitation peut être particulièrement forte à l’approche d’élections. Pour cette même raison, la Réserve fédérale est structurée de façon à prendre ses décisions en ce qui concerne les taux d’intérêt indépendamment de la politique électorale. Si des taux d’intérêt plus bas stimulent l’activité économique à court terme, ils risquent également d’alimenter l’inflation et l’instabilité économique à plus long terme. Cependant, la structure indépendante de la Fed ne l’a pas toujours protégée des pressions politiques. Une analyse des interactions personnelles entre les présidents des Etats-Unis et les responsables de la Réserve fédérale entre 1933 et 2016 montre qu’il y a eu plusieurs fois où la pression émanant du président a influencé les activités de la Fed aux dépens de la stabilité des prix.
jeudi 19 décembre 2024
Le cercle vicieux du populisme et de la migration
« Le populisme d'extrême-droite dissuade l'immigration qualifiée, favorise la fuite des cerveaux et alimente le déclin économique, ce qui crée un cercle vicieux où s’auto-alimentent stagnation et xénophobie.
vendredi 6 décembre 2024
Le cycle d’affaires et l’incertitude autour de la politique économique en France
« Depuis que le président Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale, le dimanche 9 juin 2024, la France connaît une période de turbulences politiques, dont les conséquences économiques sont largement commentées dans les médias. La démission du gouvernement Barnier le 5 décembre 2024 a encore accru les incertitudes sur l’avenir politique et économique du pays. Mesurer l’incertitude et ses effets n’est pas une tâche aisée, car cette information n’existe pas dans la nature ; elle doit donc être calculée.
mardi 19 novembre 2024
La leçon américaine : "radical" n’est pas un gros mot
« La semaine dernière, les électeurs américains ont rendu un verdict sans équivoque : Donald Trump retourne à la Maison Blanche, en remportant à la fois le collège électoral et le vote populaire. Cela ne signifie pas que les États-Unis sont devenus un pays extrémiste. Dans l’ensemble, les changements dans les votes ont été limités, mais, avec un électorat très polarisé et un système majoritaire, cela a suffi à donner un avantage significatif à Trump. Dans un thread sur X, le récent lauréat du Nobel d'économie Acemoglu a fait remarquer à juste titre que Trump n’a pas gagné (il a reçu à peu près le même nombre de voix qu’en 2020), mais que Harris a perdu. La candidate démocrate a souffert d’une baisse de la participation électorale et a perdu des voix dans presque toutes les catégories sociales. Le seul groupe où Harris a gagné des voix est celui des électeurs à revenus élevés et très diplômés, c’est-à-dire les élites. Comme l’a déclaré Acemoglu, "les démocrates ont perdu les travailleurs américains et ils n’ont rien fait dans cette élection pour les regagner".
vendredi 15 novembre 2024
A propos de la super-implication des super-riches dans la politique américaine
« Aujourd’hui, aux États-Unis, les super-riches semblent être super-impliqués dans la politique, soit directement, en se présentant eux-mêmes comme candidats aux plus hautes fonctions publiques, soit en soutenant financièrement des politiciens, des partis politiques et des campagnes politiques. Si l’on regarde cette évolution d’un point de vue historique, elle est inquiétante. En effet, nos ancêtres se sont toujours inquiétés de la possibilité que la richesse capture la politique. Comme l’affirmait le philosophe française du quatorzième siècle Nicole Oresme en traduisant la Politique d’Aristote et en l’adaptant aux conditions de son époque : "Les super-riches sont si inégaux et surpassent tellement les autres en ce qui concerne leur pouvoir politique qu’il est raisonnable de penser qu’ils sont parmi les autres comme Dieu est parmi les hommes… Les cités qui sont gouvernées démocratiquement devraient reléguer ces gens, c’est-à-dire les envoyer en exil ou les bannir, car ces villes s’efforcent d'atteindre l’égalité de tous".
mardi 12 novembre 2024
L’idéologie de Donald Trump
« Donald J. Trump a-t-il une idéologie ? si oui, laquelle ? La première partie de la question est redondante : chaque individu a une idéologie et si nous croyons qu’un individu n’en a pas, c’est parce qu’elle peut représenter un amalgame de pièces tirées de divers cadres idéologiques qui sont réarrangés et qu’il est par conséquent difficile de nommer. Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’idéologie. La seconde partie est une question à un million de dollars, parce que, si nous pouvions reconstituer l’idéologie de Donald Trump, nous serions capables de prévoir ou de deviner (l’élément de volatilité est élevé) à quoi son règne ces quatre prochaines années pourrait ressembler.
samedi 9 novembre 2024
Pourquoi Trump a-t-il gagné et pourquoi Harris a-t-elle perdu ?
« Trump a remporté une victoire personnelle aux élections de 2024, en remportant tous les États pivots (swing States), en améliorant sa part de suffrages à peu près partout et, contrairement à sa victoire de 2016, en recueillant une majorité absolue du vote populaire. En outre, il a conduit le Parti républicain à une majorité sénatoriale plus importante que prévu et, même si de nombreuses élections à la Chambre des représentants restent à déterminer, une majorité élargie à la Chambre pourrait également en résulter. Ces gains sont plus qu’incrémentaux ; en fait, ils pourraient annoncer une nouvelle ère dans la politique américaine.
mercredi 14 octobre 2020
Pourquoi l'insécurité économique ne suffit pas pour expliquer l'attrait du populisme
« L’essor du populisme a amené à se poser des questions fondamentales pour les démocraties avancées à travers le monde. Peut-être que la question la plus importante est de savoir pourquoi il a émergé. Certaines analyses mettent en avant des explications économiques. Les Américains qui se laissèrent séduire par les discours nationalistes de Donald Trump et les électeurs britanniques qui approuvèrent la sortie de l’Union européenne auraient été frustrés par les destructions d’emplois provoquées par la mondialisation. Et cette anxiété les a rendus vulnérables aux politiciens qui leur promettaient de reprendre leur pouvoir économique.
mercredi 15 juillet 2020
La performance du marché du travail et l’essor du populisme
« (…) Le récent essor du populisme dans les pays développés, en particulier après le référendum du Brexit en 2016 et les élections présidentielles américaines en 2016, est devenu un problème majeur pour les démocraties libérales. La marée populiste a été expliquée par des facteurs économiques et des facteurs non-économiques, notamment le contrecoup culturel vis-à-vis de la mondialisation, du libéralisme et de l’immigration ; la hausse du chômage en raison de la récente crise financière ; et la vulnérabilité des emplois à la robotisation, l’externalisation et la concurrence à l’importation. Cet article affirme que les facteurs économiques (les destructions d’emplois provoquées par la mondialisation et par l’automatisation et la hausse du chômage dans le sillage de la crise financière mondiale) ont joué un rôle majeur. L’incapacité des partis politiques traditionnels à assurer la prospérité de tous a sapé la confiance publique et fournit des opportunités au discours populiste. L’essor du populisme est donc justifié par certains comme une mesure corrective contre les récents échecs des politiques socioéconomiques menées par les partis traditionnels. Cependant, il n’y a pas d'éléments empiriques indiquant que les populistes ont été capables d’améliorer la performance économique lorsqu’ils étaient au pouvoir.
mardi 9 juillet 2019
Qu’est-ce qui explique la montée du populisme ?
« Est-ce la culture ou l’économie ? Cette question cadre l’essentiel du débat à propos du populisme contemporain. Est-ce que la victoire de Trump aux élections présidentielles américaines, le Brexit et l’essor des partis politiques nativistes d’extrême-droite en Europe continentale sont la conséquence d’un clivage croissant dans les valeurs entre les conservateurs sociaux et les sociaux-libéraux, les premiers ayant donné leur soutien à des politiciens xénophobes, ethno-nationalistes et autoritaristes ? Ou bien reflètent-ils l’anxiété et l’insécurité économiques de nombreux électeurs, alimentées par les crises financières, l’austérité et la mondialisation ?
vendredi 31 mai 2019
Comment les populistes arrivent-ils au pouvoir ?
« Au Moyen-Age, les cités-Etats menèrent la "révolution commerciale" européenne avec des innovations financières, commerciales et techniques. Ensuite quelque chose d’étrange survint. En 1264, pour prendre un exemple, la population de Ferrare décréta que "le magnifique et illustre seigneur Obizzo […] doit être gouverneur et souverain et général et seigneur permanent de la Ville". Soudainement, une république démocratique vota en faveur de son anéantissement.
lundi 19 mars 2018
Les banques centrales à l’âge du populisme
« Les élections de ces deux dernières années ont montré que nous vivons dans une époque où le populisme politique et économique joue un rôle important. Quelles en sont les conséquences pour les banques centrales ? Nous passons en revue les commentaires sur la question […].
jeudi 30 janvier 2014
Démocratie versus inégalités
« Dans son discours sur l'État de l'Union, le président Obama a promis de se concentrer sur les inégalités économiques au cours des deux dernières années de son mandat. Mais beaucoup doutent de la capacité de la démocratie américaine à renverser leur augmentation. En effet, les inégalités de salaires et de revenus ont augmenté au cours des quatre dernières décennies, que ce soit au cours des périodes d'expansion ou de contraction de l’activité économique. Mais ces tendances ne sont pas spécifiques aux États-Unis. De nombreux pays de l'OCDE ont également connu une augmentation des inégalités salariales au cours des dernières décennies.
