« Les termes "libéralisme" et "néolibéralisme" sont clairement liés, mais la relation entre eux a souvent occulté une question analytique plus importante : quel type de science économique donne au néolibéralisme sa cohérence ? Les auteurs néolibéraux ont fréquemment rejeté cette étiquette, préférant se présenter comme des libéraux classiques et revendiquer Adam Smith comme leur ancêtre [Mirowski, 2014]. Cette démarche est politiquement utile, car elle relie la défense contemporaine des marchés à la critique que Smith faisait des privilèges mercantilistes. Elle est cependant analytiquement trompeuse, car l’économie politique de Smith relève de la tradition classique du surplus, tandis que le néolibéralisme s’appuie sur une économie marginaliste ou néoclassique.
mardi 9 juin 2026
Le néolibéralisme, le libéralisme classique et l’économie néoclassique
mardi 24 mars 2026
Les contributions de Christopher Sims à la macroéconomie
« Christopher Sims a profondément renouvelé la façon par laquelle les macroéconomistes considèrent les données, l'incertitude, l'inflation et les limites de l'attention humaine. Pendant quatre décennies, il n'a cessé de poser la même question : quelles sont les hypothèses qu’un modèle occulte ? Puis, il a construit les outils pour y répondre.
lundi 3 novembre 2025
Le mauvais type de mathématiques
« Le premier semestre de mon master en science économique fut une expérience déroutante. L'économétrie était déconcertante. La macroéconomie était encore plus mystérieuse. Tout était noyé dans des mathématiques incompréhensibles ou, pour être plus honnête, dans des mathématiques que je ne comprenais pas.
mercredi 9 octobre 2024
Esther Duflo : « Nous n’avons pas à nous contenter de conjectures pour savoir ce qui fonctionne en matière de politique sociale »
« Les essais contrôlés randomisés ont été couramment utilisés dans les études médicales. Lorsque les économistes ont décidé de les adopter pour la politique sociale, le "mouvement randomista" est né. Cela a permis à Esther Duflo, à son époux Abhijit Banerjee et à Michael Kremer de faire progresser leurs recherches expérimentales sur la manière de réduire la pauvreté, des travaux couronnés par l’attribution du "prix Nobel d’économie" en 2019. Lors de sa dernière visite à la LSE, Duflo a rencontré Charlotte Kelloway pour une séance de questions-réponses […].
jeudi 15 février 2024
Les économistes sont-ils égoïstes ?
« (...) Les économistes sont souvent accusés à la fois de célébrer l’égoïsme et d’être égoïstes. Comme l’a un jour dit Yoram Bauman, économiste et comédien, en plaisantant : "La seule raison pour laquelle nous ne vendons pas nos enfants, c’est parce que nous pensons qu’ils vaudront plus chers plus tard".
lundi 21 février 2022
Entretien avec la macroéconomiste Emi Nakamura
« Si vous demandez à n'importe quel économiste de vous dire quelles sont les stars de la profession à l’heure actuelle, le nom d’Emi Nakamura sera probablement au sommet de la liste. En 2019, Nakamura a gagné la médaille John Bates Clark, l’une des deux plus prestigieuses récompenses en science économique et en l’occurrence une récompense qui va rarement à un macroéconomiste. D’origine canadienne et travaillant maintenant à Berkeley, l’Université de Californie, elle continue d’amasser les publications dans les revues les plus prestigieuses à un rythme stupéfiant.
jeudi 21 septembre 2017
Le débat sur la science économique, encore et encore
« Le débat sur la profession des économistes (sur leurs maux et défaillances présumés) s’essouffle par moments, mais ne s’éteint jamais. Un récent article du Guardian qui reproche à la profession son manque de réformes a suscité une réponse de la part d'un groupe d'économistes. J'ai pensé qu'il était temps de réaffirmer mes propres idées à propos de ce débat, sous la forme de deux dizaines de commandements. Le premier ensemble s’adresse directement aux économistes et le second aux non-économistes.
jeudi 2 juin 2016
Comment devons-nous enseigner la macroéconomie aux étudiants après la crise ?
« Comme je viens de terminer un mandat de sept ans comme économiste en chef au FMI et que je dois faire la septième édition de mon manuel de macroéconomie destiné aux étudiants, je suis confronté à la question suivante : Comment devons-nous enseigner la macroéconomie aux étudiants après la crise ? Voici certaines de mes conclusions. (Je me concentre ici sur le court terme et le moyen terme ; j’écrirai un autre billet pour discuter de la manière par laquelle nous devons enseigner la théorie de la croissance.)
samedi 28 juin 2014
Comment expliquer la révolution des nouveaux classiques
« Dans le récit historique de la pensée macroéconomique que j’ai dressé dans un précédent billet, je décris la contre-révolution nouvelle classique comme méthodologique et idéologique. Elle a réussi car, selon moi, trop d’économistes étaient insatisfaits du fossé qui existait alors entre la méthodologie utilisée en microéconomie et la méthodologie utilisée en macroéconomie.
mardi 24 juin 2014
La synthèse néoclassique était-elle instable ?
vendredi 5 juillet 2013
Pourquoi l’histoire économique est essentielle à la science économique
« La beauté d'Internet est que parfois vous tomber sur des papiers comme celui-ci que vous auriez sinon manqué (merci Greg Mankiw !). Comme vous devez vous y attendre, je suis d'accord avec l’idée de Peter Temin selon laquelle l'histoire économique a un rôle fondamental à jouer dans l’enseignement de l’économie et le MIT en est un excellent exemple. (….) Plusieurs superstars qui ont émergé de ce département ont une sensibilité historique qui a fait d’eux de meilleurs économistes. Obstfeld et Rogoff sont surtout connus pour leurs travaux pionniers en macroéconomie économie ouverte, mais tous deux ont écrit des livres importants en histoire économique (Obstfeld avec Taylor et Rogoff avec Reinhart) et je ne pense pas que ce soit une coïncidence que la macroéconomie ouverte à la Obstfeld-Rogoff soit beaucoup plus ancrée dans le monde réel que certains équivalents en économie fermée. Paul Krugman affiche régulièrement son intérêt pour l'histoire et utilise ses connaissances historiques à bon escient […].
lundi 21 janvier 2013
Comment nous en sommes arrivés là... Une brève histoire de la macroéconomie
« En réponse à la Grande Dépression des années 1930, John Maynard Keynes a développé l'idée révolutionnaire selon laquelle, des actions individuellement bénéfiques pourraient générer des résultats indésirables si tout le monde les réalise en même temps. Irving Fisher a quant à lui expliqué comment les niveaux élevés d'endettement rendent les économies vulnérables aux spirales de déflation et de défaut. Simon Kuznets n’a pas développé de nouvelles théories, mais il a joué un rôle clé dans la création des comptes nationaux. Avant lui, les décideurs, les investisseurs et les citoyens avaient peu de moyens pour savoir si l'économie était en contraction ou en expansion. Roosevelt avait dû s'appuyer sur des indicateurs tels que le prix de la fonte ou le volume de trafic des wagons de marchandises et non sur le produit intérieur brut.
vendredi 4 janvier 2013
Les grandes questions en macroéconomie : le multiplicateur budgétaire
« Le plus gros problème théorique en macroéconomie est "ce qui provoque le chômage". Comme j’en ai discuté dans mon précédent billet, la réponse néoclassique (selon laquelle le chômage est causé par des problèmes sur le marché du travail) ne peut expliquer l’apparition simultanée d'un chômage élevé dans de nombreux pays. En effet, le chômage est un problème macroéconomique.
jeudi 3 janvier 2013
Les grands problèmes en macroéconomie : le chômage
« Pour poursuivre le propos de mon billet précédent, j’aimerais me pencher sur les principaux points de désaccord en macroéconomie. (…) Je vais développer l’idée que les économistes (orthodoxes) sont si divisés sur ces questions que toute idée de consensus (…) est une absurdité. Le fait que, malgré ces profonds désaccords, de nombreux spécialistes en macroéconomie ne voient aucun problème est, lui-même, une partie du problème.
mardi 1 janvier 2013
Y a-t-il un consensus en macroéconomie ?
« Quand les bloggeurs d’économie ne débâtent pas sur les cyborgs, ils passent une bonne partie de leur temps à parler de l'état de la macroéconomie (orthodoxe) (1), notamment de l'analyse de l'emploi et du chômage au niveau agrégé, de l'inflation et de la croissance économique. Noah Smith a déjà fait un résumé de ce qui a été dit, que je ne vais pas récapituler. Au lieu de cela, je vais vous donner mon point de vue sur certaines questions qui ont été soulevées (…) Y a-t-il un consensus ? (2) S’il n’y en a pas, quels sont les principaux points de désaccord ? Qu’est-ce que la macroéconomie a réalisé au cours des quarante dernières années ? Où devons-nous ensuite aller ? Je parlerai aujourd’hui de la première question, puis reviendrais plus tard sur les autres.
lundi 10 octobre 2011
Sargent et Sims, ou l’art de distinguer la cause de l’effet dans l'économie
« Comment le PIB et l'inflation sont-ils affectés par une hausse temporaire des taux d'intérêt ou une baisse d'impôt ? Que se passe-t-il si une banque centrale modifie définitivement sa cible d'inflation ou si un gouvernement modifie son objectif de solde budgétaire ? Les lauréats en sciences économiques de cette année, Thomas J. Sargent et Christopher A. Sims , ont développé des méthodes pour répondre à ces questions et à bien d'autres encore concernant la relation causale entre la politique économique et différentes variables macroéconomiques telles que le PIB, l'inflation, l'emploi et l’investissement.
lundi 9 octobre 2006
Edmund Phelps et les arbitrages intertemporels de la politique macroéconomique
« Le plein emploi, la stabilité des prix et une croissance rapide sont des objectifs centraux de la politique économique. Mais cette dernière fait toujours face à de difficiles conflits d'objectifs. Comment concilier inflation et chômage ? Quel arbitrage faut-il faire entre la consommation des générations actuelles et celle des générations futures ? Edmund S. Phelps a permis de mieux comprendre ces deux arbitrages. Il a souligné que la question de l'épargne et de l’accumulation du capital, mais aussi celle de l'équilibre entre inflation et chômage, concernent fondamentalement la répartition intertemporelle du bien-être. Les analyses de Phelps ont profondément influencé aussi bien la théorie économique que la politique macroéconomique.


