« La discussion sur la malédiction des ressources naturelles (natural resource curse) au Cameroun soulève la question de savoir si la richesse en ressources naturelles, en particulier l’abondance de pétrole, est susceptible d'influencer aussi bien l'économie que les institutions politiques. Les mécanismes que nous avons proposés pour la malédiction des ressources, sans surprise, opèrent à travers la politique (politics). Mais ils considèrent les institutions politiques comme données.
mercredi 29 mai 2013
L’abondance en ressources naturelles nuit-elle à la démocratie ?
jeudi 23 mai 2013
Les mécanismes de la malédiction des ressources
« Nous avons vu dans notre précédent billet que les données transnationales suggéraient que les pays dotés d'institutions faibles (caractérisées notamment par un manque d'équilibre des pouvoirs ou par des niveaux élevés de corruption) connaissent une contraction de leur activité lorsqu’ils découvrent les ressources naturelles. La question est alors de savoir pourquoi.
mardi 21 mai 2013
La malédiction des ressources naturelles : que nous enseignent les études empiriques ?
« Donc le pétrole a été une malédiction pour le Cameroun.
Est-il vrai que l’abondance des ressources naturelles en général ou du pétrole en particulier a un effet négatif sur la croissance économique ? Si c'est le cas, via quels mécanismes ?
jeudi 16 mai 2013
Y a-t-il une malédiction des ressources naturelles ? Le cas du Cameroun
« Les ressources naturelles sont-elles vraiment une malédiction ? Avant de parler des régressions transnationales, commençons par une étude de cas qui semble illustrer exactement ce que les gens ont à l'esprit lorsqu’ils parlent de la malédiction des ressources (resource curse). Dans le récent ouvrage collectif Plundered Nations? Successes and Failures in Natural Resource Extraction dirigé par Paul Collier et Anthony Venables, se trouve un chapitre très intéressant, rédigé par Bernard Gauthier et Albert Zeufack appelé “Governance and Oil Revenues in Cameroon”. Il n'y a pas de meilleur endroit pour commencer à étudier la malédiction des ressources.
lundi 13 mai 2013
Voyage temporel en zone euro
« […] Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, au cours d’une interview donnée à CNBC, a dénié que la politique budgétaire et la politique monétaire puissent jouer un rôle pour résoudre la crise économique : "La politique monétaire ne peut vraiment pas nous aider à sortir de la crise. Elle peut relâcher la pression, assouplir une nouvelle croissance, mais ce dont nous avons vraiment besoin dans tous les pays, ce sont avant tout des réformes structurelles. (…) Dans le policy mix formé par la politique budgétaire, la politique monétaire et les réformes structurelles, je voudrais que l’ordre des priorités soit exactement l'inverse : les réformes structurelles en premier lieu, la politique budgétaire et des cibles viables à moyen terme pour toutes les régions en deuxième lieu. La politique monétaire ne peut quant à elle que seulement assouplir les problèmes économiques nationaux à court terme."
mardi 9 avril 2013
Quand l’excès d’épargne mondial rencontre la Grande Récession
« Kenneth Rogoff a écrit un article très intéressant sur le mystère entourant la faiblesse des taux d'intérêt. Il commence par remonter à 2005, lorsque Ben Bernanke rendait l’"excès d'épargne mondial" (global saving glut) responsable des taux d'intérêt réels exceptionnellement bas (par rapport aux normes historiques) dans l'économie mondiale. Son commentaire était une réaction à l'hypothèse classique selon laquelle les taux d'intérêt sont déterminés par les banques centrales. Ken Rogoff […] "partage l'instinct de Bernanke selon lequel les banques centrales décident des taux d'intérêt de très court terme, mais n'ont pratiquement aucune influence sur les taux réels (corrigés de l'inflation) de long terme, outre un modeste effet via les politiques de gestion de portefeuille (par exemple, l’assouplissement quantitatif)."
jeudi 14 mars 2013
Les paradoxes du chavisme
« Le président Hugo Chávez du Venezuela est mort. Que va-t-il se passer maintenant ? Quel héritage laisse-t-il pour le Venezuela ?
lundi 4 mars 2013
Pourquoi les politiciens ignorent-ils les économistes à propos de l'austérité ?
« J'ai déjà écrit à propos de la politique budgétaire aux Pays-Bas. Je l'ai fait en partie parce que ce pays a une forte tradition macroéconomique et que je considère depuis longtemps son conseil budgétaire (le Bureau Central du Plan) comme un véritable modèle pour l’introduction de bonnes analyses et données économiques dans le débat politique. C'est donc le signe que quelque chose ne tourne pas vraiment pas rond lorsque le consensus politique suit la ligne de l'austérité.
dimanche 24 février 2013
La dépression de l'euro
« Alors que nous attendons les résultats des élections italiennes, l'Europe se dirige vers une nouvelle période d'incertitude. Les gouvernements des pays clés (Italie, Espagne, Grèce, France, etc.) n'ont aucun soutien pour poursuivre sur la voie qu’ils ont suivie jusqu'à présent, mais il n'existe toujours pas de véritable alternative et demeure un fort sentiment de complaisance : nous allons poursuivre les mêmes politiques que nous avons menées jusqu’ici.
Une union monétaire sans union budgétaire est-elle vouée à l’échec ?
« Cela semble être une idée très répandue en ce moment. Le point de vue selon lequel la zone euro devrait aller vers l'union budgétaire (ce qui implique par ailleurs une certaine forme d'union politique) vient de deux directions :
lundi 21 janvier 2013
Comment nous en sommes arrivés là... Une brève histoire de la macroéconomie
« En réponse à la Grande Dépression des années 1930, John Maynard Keynes a développé l'idée révolutionnaire selon laquelle, des actions individuellement bénéfiques pourraient générer des résultats indésirables si tout le monde les réalise en même temps. Irving Fisher a quant à lui expliqué comment les niveaux élevés d'endettement rendent les économies vulnérables aux spirales de déflation et de défaut. Simon Kuznets n’a pas développé de nouvelles théories, mais il a joué un rôle clé dans la création des comptes nationaux. Avant lui, les décideurs, les investisseurs et les citoyens avaient peu de moyens pour savoir si l'économie était en contraction ou en expansion. Roosevelt avait dû s'appuyer sur des indicateurs tels que le prix de la fonte ou le volume de trafic des wagons de marchandises et non sur le produit intérieur brut.
vendredi 4 janvier 2013
Les grandes questions en macroéconomie : le multiplicateur budgétaire
« Le plus gros problème théorique en macroéconomie est "ce qui provoque le chômage". Comme j’en ai discuté dans mon précédent billet, la réponse néoclassique (selon laquelle le chômage est causé par des problèmes sur le marché du travail) ne peut expliquer l’apparition simultanée d'un chômage élevé dans de nombreux pays. En effet, le chômage est un problème macroéconomique.
jeudi 3 janvier 2013
Les erreurs de prévision de croissance et les multiplicateurs budgétaires
« Avec plusieurs économistes en mode consolidation budgétaire, il y a eu un intense débat sur la taille des multiplicateurs budgétaires. Parallèlement, l'activité s’est révélée décevante dans plusieurs pays ayant pris des mesures d’austérité. Il est alors naturel de se demander si les prévisionnistes n’auraient pas sous-estimé les multiplicateurs budgétaires, c'est-à-dire les effets que la réduction des dépenses publiques ou les hausses d'impôts peuvent avoir à court terme sur l'activité économique.
Les grands problèmes en macroéconomie : le chômage
« Pour poursuivre le propos de mon billet précédent, j’aimerais me pencher sur les principaux points de désaccord en macroéconomie. (…) Je vais développer l’idée que les économistes (orthodoxes) sont si divisés sur ces questions que toute idée de consensus (…) est une absurdité. Le fait que, malgré ces profonds désaccords, de nombreux spécialistes en macroéconomie ne voient aucun problème est, lui-même, une partie du problème.
mardi 1 janvier 2013
Y a-t-il un consensus en macroéconomie ?
« Quand les bloggeurs d’économie ne débâtent pas sur les cyborgs, ils passent une bonne partie de leur temps à parler de l'état de la macroéconomie (orthodoxe) (1), notamment de l'analyse de l'emploi et du chômage au niveau agrégé, de l'inflation et de la croissance économique. Noah Smith a déjà fait un résumé de ce qui a été dit, que je ne vais pas récapituler. Au lieu de cela, je vais vous donner mon point de vue sur certaines questions qui ont été soulevées (…) Y a-t-il un consensus ? (2) S’il n’y en a pas, quels sont les principaux points de désaccord ? Qu’est-ce que la macroéconomie a réalisé au cours des quarante dernières années ? Où devons-nous ensuite aller ? Je parlerai aujourd’hui de la première question, puis reviendrais plus tard sur les autres.
mercredi 19 décembre 2012
Les pays nordiques sont-ils vraiment moins innovants que les Etats-Unis ?
« La distinction qu’opèrent Acemoglu, Robinson et Verdier (2012) entre un capitalisme acharné (cut-throat capitalism) et un capitalisme généreux (cuddly capitalism) résonne avec les stéréotypes largement répandus. Les États-Unis seraient un endroit difficile à vivre, mais la loi de la jungle capitaliste permettrait l’émergence d’innovations radicales. Les nations européennes, en particulier les pays nordiques, seraient des sociétés justes, sociales-démocrates, mais le confort étoufferait l'invention. Acemoglu et ses coauteurs affirment que seul un capitalisme acharné de style américain est à même de repousser rapidement la frontière technologique et que les économies généreuses nordiques se comportent en passagers clandestins vis-à-vis de l’innovation américaine.
mercredi 21 novembre 2012
Pouvez-vous choisir votre capitalisme dans un monde mondialisé ?
« […] Les Etats-Unis et les systèmes nordiques ont produit des pays prospères et des taux de croissance économique similaires au cours des soixante dernières années. Des différences significatives, cependant, existent entre ces sociétés : les Etats-Unis sont plus riches que le Danemark, la Finlande et la Suède ; ils sont aussi largement perçus comme une économie plus innovatrice ; ils ont joué un rôle de meneur dans de nombreuses technologies transformatives de ces dernières décennies, en partie parce qu’ils fournissent de plus hautes incitations à leurs entrepreneurs et travailleurs qui travaillent davantage d’heures, prennent moins de congés et prennent plus de risques ; les sociétés scandinaves ont des filets de sécurité plus larges, des Etats-providence plus élaborés et des répartitions de revenu plus égalitaires que les Etats-Unis.
vendredi 19 octobre 2012
L’égalité est essentielle pour le bonheur
« Le roi du Bhoutan veut que nous soyons tous plus heureux. Les gouvernements, dit-il, devraient chercher à maximiser le bonheur national brut de leur population plutôt que leur produit national brut. Cette nouvelle insistance sur le bonheur représente-t-elle un vrai changement ou juste une mode passagère ?
lundi 15 octobre 2012
A la recherche des allocations stables : zoom sur les travaux de Roth et Shapley
« Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel décerné cette année à Lloyd Shapley et Alvin Roth s'étend de la théorie abstraite développée dans les années 1960 aux travaux empiriques des années 1980, en passant par les efforts permanents visant à trouver des solutions pratiques aux problèmes du monde réel. Parmi les exemples, on peut citer l'affectation de nouveaux médecins aux hôpitaux, l'affectation d’élèves aux écoles et la transplantation d'organes humains aux receveurs. Lloyd Shapley a réalisé les premières contributions théoriques, qui ont été adoptées de manière inattendue deux décennies plus tard lorsqu'Alvin Roth a étudié le marché des médecins aux États-Unis. Ses conclusions ont suscité davantage de développements analytiques, aussi bien que la conception pratique d’institutions de marché.
lundi 4 juin 2012
Une union monétaire peut-elle fonctionner sans fédération budgétaire ?
« Une union monétaire peut-elle fonctionner sans être une fédération budgétaire ? C’est une question qui a été posée à maintes reprises depuis que le projet de l’union économique et monétaire (UEM) a été lancé. Les économistes considèrent une fédération budgétaire comme un moyen de partager les risques grâce à un (important) budget commun. Le partage du risque permet de lisser les cycles économiques au niveau régional ou national. En l’absence de politique monétaire (et de taux de change), la théorie dit que l’ajustement doit venir soit d’ajustements de prix (la dévaluation interne), de la mobilité de la main-d’œuvre (vers des régions ou pays qui se portent mieux) ou de transferts budgétaires via un budget commun.
