« Jean Tirole est l’un des économistes les plus influents de notre temps. Il a fait d’importantes contributions dans plusieurs domaines de recherche, mais il a surtout clarifié comment nous pouvons comprendre et réglementer les secteurs qui sont dominés par une poignée d'entreprises. Tirole se voit décerner cette année le prix pour son analyse du pouvoir de marché et de la régulation.
lundi 13 octobre 2014
Pouvoir de marché et régulation : les contributions de Jean Tirole
jeudi 2 octobre 2014
Le monde de l'étrange : r peut-il être supérieur à g sans que les inégalités augmentent ?
« J’ai récemment discuté du livre de Piketty (encore une fois) avec mon ami Mario Nuti. Je lui ai dit qu'il est possible, selon moi, d'avoir un taux de rendement du capital (r) supérieur au taux de croissance du revenu (g) sans pour autant que les inégalités n’augmentent, dans les conditions les plus simples et dans les limites très étroites du modèle de Piketty. Après mon explication, Mario m'a encouragé à la publier sur un blog. C'est donc ce que je fais à présent : je retranscris essentiellement les notes que j'ai prises lors de ma lecture du Capital au XXIe siècle.
mercredi 1 octobre 2014
Les cicatrices permanentes de l’austérité budgétaire
« L’impact de la consolidation budgétaire sur la croissance du PIB a probablement suscité plus de controverses que n’importe quel autre débat depuis le début de la crise financière mondiale de 2008. Quelle a été la taille des multiplicateurs budgétaires ? La contraction des dépenses publiques peut-elle stimuler l’économie ? Il y a bientôt deux ans, Olivier Blanchard et Daniel Leigh, deux économistes du FMI, publièrent un document de travail où ils affirmaient que les organisations internationales, le FMI inclus, avaient sous-estimé la taille des multiplicateurs budgétaires. Ils affirmaient que le vrai multiplicateur n’ait pas de 0,5, comme on le supposait jusqu’alors, mais plutôt d’environ 1,5 : en d’autres termes, un dollar de dépense publique en moins se traduirait par une baisse du PIB de 1,5 dollar.
mercredi 17 septembre 2014
Les Italiens ont-ils été trop productifs ces deux dernières décennies ?
« La crise de 2008 s’est traduite par de fortes révisions à la baisse de la croissance potentielle de la plupart des pays avancés. Comme la production s’est effondrée, nous avons révisé à la baisse ce que l’on anticipait comme faisable à long terme. Cela nous a amenés à réviser nos estimations de la production potentielle. D’un prévisionniste à l’autre, ces révisions sont plus ou moins pessimistes et certaines d’entre elles sont vraiment sombres.
samedi 23 août 2014
Monsieur Piketty et les classiques
« Lors d'un séminaire à Oslo le 4 septembre, on m'a demandé (alors que je ne m'y attendais pas) de parler de l'importance des récents travaux de Piketty pour la science économique et en particulier pour l'économie des inégalités. J'ai alors décidé de rassembler quelques réflexions dans une brève note. La voici.
samedi 28 juin 2014
Comment expliquer la révolution des nouveaux classiques
« Dans le récit historique de la pensée macroéconomique que j’ai dressé dans un précédent billet, je décris la contre-révolution nouvelle classique comme méthodologique et idéologique. Elle a réussi car, selon moi, trop d’économistes étaient insatisfaits du fossé qui existait alors entre la méthodologie utilisée en microéconomie et la méthodologie utilisée en macroéconomie.
mardi 24 juin 2014
La synthèse néoclassique était-elle instable ?
jeudi 30 janvier 2014
Démocratie versus inégalités
« Dans son discours sur l'État de l'Union, le président Obama a promis de se concentrer sur les inégalités économiques au cours des deux dernières années de son mandat. Mais beaucoup doutent de la capacité de la démocratie américaine à renverser leur augmentation. En effet, les inégalités de salaires et de revenus ont augmenté au cours des quatre dernières décennies, que ce soit au cours des périodes d'expansion ou de contraction de l’activité économique. Mais ces tendances ne sont pas spécifiques aux États-Unis. De nombreux pays de l'OCDE ont également connu une augmentation des inégalités salariales au cours des dernières décennies.
samedi 21 décembre 2013
Le retour du capitalisme patrimonial
Recension du Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty
« Nous sommes en présence d’un des livres les plus décisifs de la pensée économique. […] Un lecteur habitué des travaux de Thomas Piketty s’attendrait à découvrir un livre qui discute des enjeux entourant la concentration des revenus. Ce lecteur ne sera pas déçu. Toutes ces questions sont bel et bien là, décrites et expliquées plus clairement que jamais. Ce n’est toutefois pas la seule chose importante du livre. La contribution clé est l’analyse du capitalisme que réalise Piketty. Le livre fournit une "théorie générale du capitalisme". Les enjeux des inégalités ne sont qu’une facette, aussi importante soit-elle, de cette théorie générale. L’objectif de Piketty n’est ni plus ni moins que l’unification de la théorie de la croissance économique avec les théories de la répartition fonctionnelle et personnelle des revenus, et donc une description quasi complète du fonctionnement d’une économie capitaliste. […]
mardi 3 décembre 2013
Politique et technologie
« Dans notre dernier billet, nous avons discuté de la manière par laquelle la politique gouvernementale peut changer la direction du progrès technique et nous avons précisé certaines répercussions de la croissance économique sur l’environnement. Mais le fait que le gouvernement puisse le faire ne signifie pas qu'il le ferra nécessairement. Qu’il le fasse ou non, cela dépend de la politique (politics). C'est un cas particulier de l'interaction plus générale entre la politique et la technologie, un sujet qui est malheureusement assez ignoré.
mardi 26 novembre 2013
Le progrès technique tend-il naturellement à préserver l'environnement ?
« Dans notre précédent billet, nous avons discuté de certains éléments empiriques suggérant que la technologie est endogène et qu’elle répond aux pénuries et aux prix. De nombreux économistes ont cherché à modéliser ce type d’endogénéité de la technologie et la façon par laquelle elle répond aux prix. Rappelez-vous ce qu’a dit le grand économiste John Hicks, que nous avons cité dans notre précédent billet, sur la façon par laquelle la hausse du prix d'un facteur aura tendance à entraîner des avancées technologiques permettant d’économiser ce facteur.
vendredi 22 novembre 2013
Excès d’épargne ou pénurie d’investissement ?
« Martin Wolf du Financial Times affirme que l'avenir de l'économie mondiale (et plus particulièrement l’avenir des économies avancées) est assombri en raison de la tendance baissière affichée par les taux d'investissement au cours des dernières années, avant même que la crise financière n’éclate. J'ai fait des remarques similaires dans mon précédent billet ; je vais à présent ajouter quelques éléments appuyant ce récit.
mercredi 20 novembre 2013
La technologie endogène est-elle conservatrice ?
« Dans notre précédent billet, nous avons passé en revue les bases du débat entre Paul Ehrlich et Julian Simon quant à savoir si la croissance économique conduirait à l’épuisement des ressources naturelles à grande échelle et à des catastrophes démographiques. Dans son ouvrage The Bet: Paul Ehrlich, Julian Simon and Our Gamble over Earth’s Future, Paul Sabin remet ce débat et ce fameux pari dans leur contexte et fournit des détails historiques intéressants et utiles. Sabin privilégie également l’interprétation de ce débat selon laquelle Paul Ehrlich serait le progressiste, exprimant des inquiétudes de gauche quant à la croissance économique, et Julian Simon le conservateur souscrivant à une vision techno-optimiste.
mardi 19 novembre 2013
Les bulles, les taux d'intérêt et le plein emploi
« Le discours prononcé par Larry Summers lors d'une récente conférence du FMI a suscité beaucoup de commentaires. Alors que certains ont dit que ses idées n’étaient pas complètement nouvelles, la façon par laquelle il les a assemblées pour dresser un portrait relativement pessimiste de l’économie américaine a soulevé un débat sur la possibilité d’une stagnation séculaire (cf. par exemple Paul Krugman). La stagnation séculaire se réfère au fait que certaines des pertes de production provoquées par la crise sont devenues permanentes, si bien que l'économie ne reviendra jamais à la tendance précédente.
Ehrlich, Simon et la technologie
« Le nouveau livre de Paul Sabin, The Bet: Paul Ehrlich, Julian Simon and Our Gamble over Earth’s Future, revient sur le célèbre pari entre Ehrlich et Simon. Au fil des ans, de nombreux chercheurs et commentateurs ont fait état publiquement, et parfois très bruyamment, de leurs craintes quant à la capacité de notre planète à soutenir notre mode de vie. L'un des plus originaux était l’écologiste Paul Ehrlich, qui avait prédit à plusieurs reprises au cours des années 1960 et 1970 des pénuries généralisées de ressources et en conséquence une multiplication des catastrophes démographiques. Il est devenu plus qu’un intellectuel public, presque une marque connue de tous.
lundi 14 octobre 2013
Fama, Hansen et Shiller : un Nobel pour l’analyse empirique des prix d’actifs
« Il est impossible de prédire si le prix des actions et des obligations va augmenter ou baisser au cours des prochains jours ou des prochaines semaines. Mais il est tout à fait possible d'anticiper l'évolution générale des prix de ces actifs sur des périodes plus longues, par exemple les trois à cinq prochaines années. Ces constats, qui peuvent paraître à la fois surprenants et contradictoires, ont été établis et analysés par Eugene Fama, Lars Peter Hansen et Robert Shiller, les lauréats du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel de cette année.
dimanche 15 septembre 2013
L’incertitude politique explique-t-elle la faible croissance de la zone euro ?
« L’idée que l’incertitude entourant la politique économique est la principale raison expliquant pourquoi les économies avancées et l’Europe en particulier ne parviennent pas à renouer avec une croissance soutenue ne va pas mourir de sitôt. Marco Buti et Pier Carlo Padoan, dans un article publié sur le site VoxEU, renouent avec cette thèse lorsqu’ils entendent expliquer pourquoi la reprise est si lente en Europe.
lundi 2 septembre 2013
La Grande Divergence
« Il y a quelques siècles, il aurait été difficile de distinguer l'Europe du reste du monde, du moins sur le plan économique. En effet, l’Europe pouvait même être considérée il y a un demi-millénaire comme en retard. Les trois inventions qui, pour reprendre les mots de Karl Marx, "ont ouvert la voie à la société bourgeoise " n'ont pas été inventées en Europe. La poudre à canon, la boussole et l'imprimerie ont probablement toutes été inventées en Chine.
Mais au dix-neuvième siècle, les choses ont assez différentes. L’Europe de l'Ouest et certaines régions de l'Amérique du Nord étaient alors devenues fabuleusement riches, tandis que pratiquement tout le reste du monde était resté horriblement pauvre. Les historiens économiques ont qualifié cela de "Grande Divergence" (Great Divergence).
mardi 23 juillet 2013
La borne inférieure zéro et la flexibilité des prix
« […]
Q : Je comprends pourquoi les taux d’intérêt ne peuvent pas aller en dessous de zéro. Mais pourquoi est-ce si grave ?
jeudi 18 juillet 2013
L’erreur fondamentale de la zone euro
« C'était vraiment prévisible. Enlevez la capacité de contrôler les taux d'intérêt nationaux et vous rendez possible une divergence des dynamiques de demande, une divergence qui entraîne des déséquilibres en termes compétitivité qui vous devrez douloureusement corriger par la suite. La bonne nouvelle était que vous pouviez utiliser la politique budgétaire contra-cyclique pour modérer ces déséquilibres - une idée largement acceptée en macroéconomie. Mais ce n'était pas ce que les architectes de l'euro voulaient entendre.

