lundi 12 janvier 2026

Indépendance de la banque centrale et dominance budgétaire

« Je suis heureuse de participer à un panel sur l'avenir de la Fed. J’évoquerai les menaces qui pèsent sur son indépendance et le risque de dominance budgétaire (fiscal dominance). Malheureusement, ces sujets font désormais l'objet d'une plus grande attention.

De l'avis général des économistes, l'indépendance dans l’élaboration de la politique monétaire est essentielle au bon pilotage de l’économie par la Réserve fédérale. C'est pourquoi le Congrès a fixé à la Fed les objectifs de plein emploi et de stabilité des prix, tout en lui déléguant la responsabilité de choisir l’utilisation de ses instruments de politique monétaire pour les atteindre. Ces décisions doivent reposer sur des données, des analyses et des avis d'experts et être exemptes de toute pression politique. Afin de garantir la transparence et la responsabilité (accountability), le Congrès exige des dirigeants de la Fed qu'ils rendent régulièrement compte des progrès accomplis dans l’atteinte de ces objectifs. Enfin, pour asseoir sa légitimité et obtenir le soutien du public, la Fed explique régulièrement ses décisions à la population américaine.

Ce cadre d'après-guerre se caractérise par la dominance de la politique monétaire (monetary policy dominance) : la Fed n'est pas, et ne doit jamais devenir, l'organe de financement de l'autorité budgétaire. Le rôle de la politique budgétaire est de fixer les impôts et les dépenses publiques et de financer les déficits par l'émission de titres de dette sur le marché aux taux d'intérêt en vigueur. Il incombe au Congrès et au président, et non à la Réserve fédérale, de veiller au respect de la contrainte budgétaire intertemporelle de l'État. Il leur incombe aussi de s’assurer que la dette publique est sur une trajectoire soutenable.

La dominance budgétaire correspond à la configuration inverse, celle où la situation budgétaire de l'État (ses déficits et sa dette) exerce une telle pression sur ses besoins de financement que la politique monétaire se trouve subordonnée à ces besoins. En conséquence, la banque centrale est contrainte, implicitement ou explicitement, de maintenir les taux d'intérêt à un niveau inférieur à celui justifié par les conditions macroéconomiques ou d’acheter d'importantes quantités de dette publique non pas pour stabiliser l'inflation et l'emploi, mais pour alléger le fardeau financier de l'État. Dans un contexte de dominance budgétaire, la contrainte budgétaire intertemporelle de l'État détermine le niveau des prix. Si les marchés n'anticipent pas de futurs excédents primaires suffisants pour couvrir la dette, l'ajustement se fera finalement par l'inflation ou le défaut de paiement. C'est la "théorie budgétaire du niveau des prix".

La dominance budgétaire est dangereuse car elle se traduit généralement par une inflation plus élevée et plus volatile ou par des cycles économiques impulsés par des facteurs politiques. Lorsque la banque centrale est empêchée de relever ses taux ou de réduire son bilan parce que cela augmenterait le service de la dette ou provoquerait des tensions budgétaires, les anticipations d'inflation peuvent cesser d’être ancrées. Les ménages et les entreprises peuvent alors considérer l'inflation comme la voie de moindre résistance pour gérer un endettement élevé. Avec de telles anticipations, la stabilisation des prix devient significativement plus coûteuse. Si l'inflation est sous contrôle, la Fed a une plus grande marge de manœuvre pour réagir à une hausse du taux de chômage. La dominance budgétaire est également susceptible d'accroître les primes de terme et les coûts d'emprunt, les investisseurs financiers craignant que l'État ne recoure à l'inflation ou à la répression financière pour gérer sa dette. De plus, une banque centrale perçue comme un simple instrument du Trésor peut avoir moins de latitude pour agir en cas de crise. Pour toutes ces raisons, éviter la dominance budgétaire est un objectif central des cadres de gouvernance des banques centrales modernes. 

Devrions-nous nous inquiéter du risque de dominance budgétaire ? À mon avis, la réponse est "oui". Afin de réduire le coût du service de la dette, le président Trump a exigé à plusieurs reprises que la Fed réduise ses taux d’intérêt à des niveaux bien inférieurs à la plupart des estimations de taux d’intérêt "neutres". Il a menacé l’indépendance de la Fed en tentant de destituer l’un de ses gouverneurs sans motif sérieux. Il a également revendiqué le droit du président de révoquer pour des raisons politiques les membres des conseils d’administration d’agences indépendantes comme la Réserve fédérale confirmés par le Sénat. 

Mais, au regard de la littérature sur la dominance budgétaire, je partage l'avis du président Powell : les États-Unis ne se trouvent pas aujourd'hui dans un régime de dominance budgétaire. La Fed a fortement relevé ses taux d'intérêt en réponse à l'inflation post-pandémique, même si cela a aggravé l’équation budgétaire. Ces hausses ont fait basculer le résultat net de la Fed en territoire négatif en 2023. Cela faisait suite à de nombreuses années de taux bas et d'expansion de son bilan qui ont généré d'importants transferts vers le Trésor. Une situation où la Fed enregistre des pertes peut engendrer des pressions politiques susceptibles de compromettre sa crédibilité et son autonomie budgétaire. Or, après la crise financière et la pandémie, les décisions de la Fed concernant ses achats d'actifs visaient avant tout à atteindre ses objectifs en matière d'inflation et d'emploi et à contrer les menaces pesant sur la stabilité financière. Elle a ignoré les éventuelles répercussions budgétaires ou politiques. Aujourd'hui, face à des pressions présidentielles sans précédent pour faire baisser les taux d'intérêt et le coût du service de la dette publique, la Fed maintient sa position. Ses décisions ont été pleinement guidées par sa responsabilité de réduire l'inflation et de maintenir l'économie au plein emploi. Les anticipations d'inflation à long terme restent ancrées, conformément à l'objectif d'inflation de 2 % fixé par la Fed. Rien n'indique que les acteurs du marché s'inquiètent de la perspective d'une dominance budgétaire, même si les primes de terme des rendements des bons du Trésor à long terme ont considérablement augmenté au cours de l'année écoulée. 

Mais les conditions propices à une dominance budgétaire se renforcent clairement. Selon les dernières prévisions à long terme du Congressional Budget Office (CBO), la dette publique est sur une trajectoire ascendante abrupte. Comme l'a souligné David Romer, le CBO prévoit que la dette publique passera d'environ 100 % du PIB cette année à plus de 150 % d’ici trois décennies. Ces prévisions excluent l'impact de la loi "One Big Beautiful Bill" (surnommée OBBBA) et les recettes douanières. Ensemble, elles assombrissent les perspectives. Le CBO prévoit également que les charges d'intérêts nettes augmenteront. Elles représentent actuellement 19 % des recettes et 3,2 % du PIB. Elles atteindront 28 % des recettes et 5,4 % du PIB d’ici trois décennies. 

Le déficit fédéral global représente environ 6 % du PIB. Un tel niveau n'a jamais été atteint auparavant, sauf en période de guerre ou de récession. Et le déficit primaire, qui doit être proche de l’équilibre pour stabiliser le ratio dette publique/PIB, s'élève actuellement à environ 3 % du PIB. L'austérité nécessaire pour ce faire est considérable, plus importante que dans la plupart des programmes soutenus par le FMI. Ajoutons, soit dit en passant, que, heureusement, ce seuil de 3 % du PIB reste bien inférieur aux exigences du FMI pour les pays confrontés à de graves crises de la balance des capitaux. A la lumière de ces projections, et en l'absence de toute initiative bipartite visant à redresser la situation budgétaire, les trois principales agences de notation ont déjà abaissé la note souveraine des États-Unis. Elles invoquent explicitement la persistance des déficits publics, la hausse du poids des intérêts et l'impasse politique. Si les acteurs du marché perdaient confiance dans la probabilité d'une réduction significative du déficit à l'avenir, la hausse des primes de risque pourrait déclencher une spirale de la dette et exercer des pressions sur le dollar. Si le Congrès est incapable – ou indésireux – d'ajuster les déficits primaires, les problèmes s'aggraveront. La tentation de recourir à l'inflation ou à la répression financière pour réduire le fardeau de la dette va certainement s'accroître.

Il est possible que les perspectives budgétaires s'améliorent sensiblement si l'IA entraîne une hausse substantielle et durable de la productivité. Dans une étude récente, Elmendorf, Hubbard et Liscow ont considéré un scénario où la croissance de la productivité totale des facteurs est supérieure de 0,5 point de pourcentage par an à celle prévue par le scénario de référence du CBO pendant 10 ans. Ils constatent qu'au bout d'une décennie, la dette publique sera inférieure d’un montant équivalent à 12 % du PIB. Une telle amélioration est certes non négligeable, mais elle est trop faible pour être transformatrice. Pour éviter que le ratio dette publique/PIB ne s'envole, cette hausse de productivité devrait se maintenir pendant 30 ans. L'une des raisons de cette faible progression est qu'une productivité accrue augmente généralement le rendement du capital et fait légèrement grimper le taux d'intérêt réel d'équilibre. Mais un gain d'environ 0,5 point de pourcentage pendant trois décennies est-il réaliste ? 

Bien sûr, il est également possible que le budget fédéral se dégrade avec des chocs touchant les taux d'intérêt ou la croissance, ce qui détériorerait davantage les perspectives budgétaires. Avec un ratio dette publique/PIB de 100 %, une hausse d'un point de pourcentage du taux d'intérêt nominal moyen des bons du Trésor augmente à terme les coûts d'intérêt nets d'environ 1 % du PIB. Cela pourrait, par exemple, refléter une prime de risque plus élevée exigée par les investisseurs pour détenir un stock toujours croissant de dette publique. Si l'augmentation de la dette publique évince l'investissement privé et réduit la croissance du PIB, les conséquences sont plus graves. Un ralentissement de l'immigration détériorerait également les perspectives budgétaires. Les simulations montrent que les États-Unis se trouvent actuellement sur une trajectoire où des chocs négatifs relativement modestes (une hausse de 100 à 200 points de base des taux d'intérêt à long terme et un léger ralentissement de la croissance) finiraient par faire basculer le système dans une zone où résister à la dominance budgétaire exige une très grande résilience institutionnelle et une réforme budgétaire crédible.

La dominance budgétaire ne se résume pas aux ratios et à l'évolution de la dette publique. Elle repose aussi sur les institutions et les lois qui protègent l'indépendance de la Fed. Un élément essentiel qui la préserve des pressions politiques quotidiennes est son mandat légal clair : se focaliser sur le plein emploi et la stabilité des prix, tout en lui laissant le choix des procédures opérationnelles et des objectifs précis. Or, le projet de loi "Audit the Fed" de Rand Paul chargerait le Government Accountability Office d'examiner en temps réel les délibérations de la Fed sur la politique monétaire et les communications du FOMC. C'est précisément un domaine que le Congrès s'est toujours refusé à explorer. De telles ingérences politiques auraient au minimum pour effet de freiner le débat interne. […]

Qu'est-ce qui maintiendrait les États-Unis hors de la dominance budgétaire ? Avant tout, il faut un ajustement budgétaire crédible à moyen terme, c’est-à-dire non pas une austérité brutale, mais une stratégie réaliste qui stabilise le ratio dette publique/PIB, par exemple par des modifications progressives des impôts et des prestations sociales ou par des réformes favorisant la croissance et la productivité. Malheureusement, les préférences révélées des deux partis vont dans le sens de politiques accroissant le déficit. Récemment, l'administration et le Congrès ont réduit le budget de l'IRS, destiné à combler un énorme manque à gagner fiscal de 7 000 milliards de dollars sur les dix prochaines années entre les impôts dus et les recettes récupérées. C'était la mesure la plus facile à mettre en œuvre pour réduire le déficit. Les Républicains s'opposant à toute hausse d'impôts, et les deux partis s'engageant à protéger la sécurité sociale et l'assurance-maladie, il est difficile d'entrevoir une réelle marge de manœuvre pour une réduction significative du déficit. 

Cela dit, des accords bipartites sont parfois possibles, même en pleine crise partisane. Ce fut le cas en 1997, lorsque le président Clinton et Newt Gingrich, le speaker de la Chambre des représentants, s'étaient entendus pour équilibrer le budget. Il y a également eu une réduction significative du déficit en 2023, alors qu'un blocage sur le plafond de la dette menaçait de provoquer un défaut de paiement. Un accord bipartisan a permis de réduire les déficits d'environ 1 500 milliards de dollars au cours de la décennie suivante. L'épuisement prévu des fonds de réserve de la Sécurité sociale et de l'assurance hospitalisation Medicare HI en 2032, ainsi que les pressions exercées par les marchés et les notations, pourraient constituer des leviers de contrainte similaires. J'espère qu'un tel consensus bipartisan émergera dans les années à venir afin de placer les États-Unis sur une trajectoire budgétaire soutenable.

Je doute que les Américains finissent par s'engager sur la voie de la dominance budgétaire, mais je pense que les dangers sont bien réels. »

Janet L. Yellen, « Central bank independence and fiscal dominance », 6 janvier 2026. Traduit par Martin Anota


Aller plus loin…

« Pourquoi les gouvernements empruntent-ils ? »

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samedi 10 janvier 2026

Comment la hausse du pouvoir de marché des entreprises mine la démocratie

« Depuis des décennies, un principe fondamental de l'économie politique est que les marchés concurrentiels et la gouvernance démocratique se renforcent mutuellement. La concurrence disperse le pouvoir économique, empêchant toute entité d'exercer une influence excessive sur les décisions politiques. Réciproquement, la démocratie fournit les fondements institutionnels qui permettent à la concurrence de fleurir. Mais que se passe-t-il lorsque la concurrence sur le marché diminue ?

vendredi 9 janvier 2026

Pourquoi les droits de douane de Trump n'ont-ils pas provoqué l'effondrement de l'économie américaine en 2025 ?

« Lorsque Donald Trump a pris ses fonctions en janvier dernier, la plupart des économistes craignaient qu'il n'adopte les droits de douane élevés qu’il avait promis pendant sa campagne. Ils craignaient que de tels droits de douane entraînent une hausse des prix des biens de consommation pour les ménages et des biens intermédiaires pour les entreprises aux Etats-Unis. La conséquence serait une hausse de l'inflation, ainsi qu’une baisse du revenu réel. En tant que choc d'offre, ce n’est pas le genre d’événement que la Réserve fédérale peut contrer. Les dégâts auraient été particulièrement importants si d'autres pays avaient choisi de riposter en relevant leurs propres droits de douane.

dimanche 4 janvier 2026

Capture de Maduro : les précédents historiques

« Maintenant que les États-Unis ont exfiltré Nicolás Maduro du Venezuela, il peut être utile d’examiner quatre précédents. Aucun événement actuel n'est identique à un épisode du passé. Mais en nous remémorant l'histoire, nous pouvons discerner des aspects du présent qui, autrement, seraient occultés par la propagande ou l'émotion.

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vendredi 2 janvier 2026

Des hégémons hors-la-loi sabotent l'économie mondiale

« Alors que certains qualifient de "G-Zéro" le monde actuel, dépourvu de puissance directrice, il serait plus approprié de parler d'un monde "G-moins-deux" (G-Negative-Two). Au lieu de fournir des biens publics mondiaux, la Chine et les États-Unis infligent des coûts économiques mondiaux et ils le font d’une telle façon que ces coûts se renforcent mutuellement.

lundi 22 décembre 2025

Le boom de l’IA : quelques leçons de l’histoire

« Ces dernières années ont été marquées par un boom extraordinaire de l'intelligence artificielle (IA), nourri par la conviction largement répandue que l'IA est une technologie véritablement transformatrice qui stimulera la croissance économique pendant de nombreuses années, à l'instar de l'adoption du chemin de fer, de l'électricité, de l'automobile, de l'ordinateur personnel et d'internet au cours des deux derniers siècles. Mais il y a aussi beaucoup de sceptiques qui estiment que ce boom est largement excessif, que les retombées économiques ne se manifesteront que lentement et qu’une bulle est en train de se former autour de l'IA, une bulle qui éclatera avec des conséquences potentiellement graves pour l'économie américaine. Les précédents cycles d'investissements massifs dans le changement technologique peuvent nous éclairer sur les différentes manières dont l'IA pourrait effectivement être une bulle, sur les conséquences qu’une telle bulle engendrerait et sur les indicateurs qu’il faut observer pour évaluer sur quelle trajectoire l’IA se trouve actuellement.

dimanche 21 décembre 2025

Pourquoi nous complaisons-nous dans la pauvreté ?

« Imaginons que nous connaissions une catastrophe économique majeure entraînant une chute de 30 % de nos revenus réels ; ce serait de loin la plus grave récession des temps modernes. On imagine que la réaction serait tout aussi spectaculaire : il y aurait une large mobilisation contre le gouvernement, avec de graves troubles politiques, et la question des causes de la crise et des mesures à prendre pour y mettre fin dominerait le débat politique.

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samedi 20 décembre 2025

vendredi 19 décembre 2025

Le retard de l'Europe dans le secteur technologique : importe-t-il vraiment ?

« […] J'ai tendance à consacrer plus de temps que la plupart des économistes américains à m’intéresser à l'Europe. Les comparaisons entre pays sont un bon moyen de comprendre quels sont les effets concrets des politiques et des événements. De plus, il me tient particulièrement à cœur de préserver l'Europe comme bastion de la démocratie libérale, alors que nous, en Amérique, nous égarons. Vous pouvez écouter mon excellente discussion avec Adam Tooze au sujet de l'Europe ici et lire mon billet expliquant pourquoi l'économie européenne est plus performante que vous ne le pensez . Mais aujourd'hui, je souhaite aborder une question assez précise et quelque peu technique : ce que signifie, ou non, l'écart entre la croissance de la productivité aux États-Unis et celle en Europe.

lundi 15 décembre 2025

La Chine peut-elle continuer de chercher à sortir de sa crise immobilière par les exportations ?

« L'économie chinoise a connu une période prolongée de déflation (la baisse des prix). Le chômage est probablement plus élevé que ne l’indiquent les chiffres officiels. Le système bancaire a des pertes latentes sur ses prêts aux promoteurs immobiliers, dont beaucoup doivent cesser leur activité ou voir leur dette convertie en actions. Certains ménages chinois ayant eu la malchance de payer d'avance pour un appartement il y a cinq ans attendent toujours qu’il le leur soit livré.

vendredi 12 décembre 2025

La Chine dévore l’industrie du reste du monde

« Si vous avez récemment vu passer de nombreux grands titres sur la domination croissante de la Chine dans l’industrie mondiale, vous vous êtes peut-être demandé : "qu’est-ce que cela signifie pour moi ?" C’est lourd de conséquences, assurément. Et pas seulement pour nous, aux États-Unis, mais encore plus pour les pays moins bien lotis qui souhaiteraient eux aussi augmenter leurs recettes d'exportation, mais qui sont évincés par la politique industrielle extrêmement agressive de la Chine, comme je vais l’expliquer.

jeudi 11 décembre 2025

Les bulles seraient-elles en fait bonnes pour l'économie ?

« La psychiatre suisse Elisabeth Kübler-Ross a suggéré qu’il y a cinq étapes dans le deuil, mais plus personne n’a la capacité de concentration nécessaire pour ça. On est passé directement de la première étape, le déni ("il n'y a pas de bulle autour de l’IA !") à la cinquième, l'acceptation ("l'IA est une bulle et les bulles sont géniales !").

jeudi 4 décembre 2025

L’administration Trump et la domination du dollar

« L'annonce par le président Trump de fortes hausses des droits de douane le 2 avril 2025, événement qu’il a nommé le "Jour de la Libération" (Liberation Day), a déclenché de fortes turbulences financières. Le fait que le dollar ait fortement chuté alors même que l'indice VIX, mesurant la volatilité financière, s'envolait, a particulièrement frappé les acteurs et observateurs des marchés financiers. Reflétant en grande partie la sécurité et la liquidité des titres du Trésor américain, le dollar sert de monnaie de refuge lors d’une "fuite vers la sécurité" (flight-to-safety), si bien qu’il tend généralement à s'apprécier en période de crise. Lorsque le dollar a chuté au lieu de monter parallèlement au VIX après le Jour de la Libération, cela a alimenté la crainte que les investisseurs internationaux, exaspérés par les politiques capricieuses et malavisées de l'administration Trump, ne considèrent plus les investissements américains comme des actifs sûrs, qu’ils abandonnent le dollar et signalent ainsi la fin de sa domination sur les marchés financiers mondiaux.

lundi 1 décembre 2025

Comment finira l’insoutenable dette des États-Unis ?

« La dette américaine détenue par le public représente désormais 99 % du PIB. Le Congressional Budget Office (CBO) prévoit qu'elle atteindra 107 % du PIB d'ici 2027, dépassant ainsi le record établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ces projections du ratio dette/PIB indiquent une augmentation constante, la définition de l’insoutenabilité.