« Dans notre précédent billet, nous avons discuté de certains éléments empiriques suggérant que la technologie est endogène et qu’elle répond aux pénuries et aux prix. De nombreux économistes ont cherché à modéliser ce type d’endogénéité de la technologie et la façon par laquelle elle répond aux prix. Rappelez-vous ce qu’a dit le grand économiste John Hicks, que nous avons cité dans notre précédent billet, sur la façon par laquelle la hausse du prix d'un facteur aura tendance à entraîner des avancées technologiques permettant d’économiser ce facteur.
mardi 26 novembre 2013
Le progrès technique tend-il naturellement à préserver l'environnement ?
vendredi 22 novembre 2013
Excès d’épargne ou pénurie d’investissement ?
« Martin Wolf du Financial Times affirme que l'avenir de l'économie mondiale (et plus particulièrement l’avenir des économies avancées) est assombri en raison de la tendance baissière affichée par les taux d'investissement au cours des dernières années, avant même que la crise financière n’éclate. J'ai fait des remarques similaires dans mon précédent billet ; je vais à présent ajouter quelques éléments appuyant ce récit.
mercredi 20 novembre 2013
La technologie endogène est-elle conservatrice ?
« Dans notre précédent billet, nous avons passé en revue les bases du débat entre Paul Ehrlich et Julian Simon quant à savoir si la croissance économique conduirait à l’épuisement des ressources naturelles à grande échelle et à des catastrophes démographiques. Dans son ouvrage The Bet: Paul Ehrlich, Julian Simon and Our Gamble over Earth’s Future, Paul Sabin remet ce débat et ce fameux pari dans leur contexte et fournit des détails historiques intéressants et utiles. Sabin privilégie également l’interprétation de ce débat selon laquelle Paul Ehrlich serait le progressiste, exprimant des inquiétudes de gauche quant à la croissance économique, et Julian Simon le conservateur souscrivant à une vision techno-optimiste.
mardi 19 novembre 2013
Les bulles, les taux d'intérêt et le plein emploi
« Le discours prononcé par Larry Summers lors d'une récente conférence du FMI a suscité beaucoup de commentaires. Alors que certains ont dit que ses idées n’étaient pas complètement nouvelles, la façon par laquelle il les a assemblées pour dresser un portrait relativement pessimiste de l’économie américaine a soulevé un débat sur la possibilité d’une stagnation séculaire (cf. par exemple Paul Krugman). La stagnation séculaire se réfère au fait que certaines des pertes de production provoquées par la crise sont devenues permanentes, si bien que l'économie ne reviendra jamais à la tendance précédente.
Ehrlich, Simon et la technologie
« Le nouveau livre de Paul Sabin, The Bet: Paul Ehrlich, Julian Simon and Our Gamble over Earth’s Future, revient sur le célèbre pari entre Ehrlich et Simon. Au fil des ans, de nombreux chercheurs et commentateurs ont fait état publiquement, et parfois très bruyamment, de leurs craintes quant à la capacité de notre planète à soutenir notre mode de vie. L'un des plus originaux était l’écologiste Paul Ehrlich, qui avait prédit à plusieurs reprises au cours des années 1960 et 1970 des pénuries généralisées de ressources et en conséquence une multiplication des catastrophes démographiques. Il est devenu plus qu’un intellectuel public, presque une marque connue de tous.
lundi 14 octobre 2013
Fama, Hansen et Shiller : un Nobel pour l’analyse empirique des prix d’actifs
« Il est impossible de prédire si le prix des actions et des obligations va augmenter ou baisser au cours des prochains jours ou des prochaines semaines. Mais il est tout à fait possible d'anticiper l'évolution générale des prix de ces actifs sur des périodes plus longues, par exemple les trois à cinq prochaines années. Ces constats, qui peuvent paraître à la fois surprenants et contradictoires, ont été établis et analysés par Eugene Fama, Lars Peter Hansen et Robert Shiller, les lauréats du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel de cette année.
dimanche 15 septembre 2013
L’incertitude politique explique-t-elle la faible croissance de la zone euro ?
« L’idée que l’incertitude entourant la politique économique est la principale raison expliquant pourquoi les économies avancées et l’Europe en particulier ne parviennent pas à renouer avec une croissance soutenue ne va pas mourir de sitôt. Marco Buti et Pier Carlo Padoan, dans un article publié sur le site VoxEU, renouent avec cette thèse lorsqu’ils entendent expliquer pourquoi la reprise est si lente en Europe.
lundi 2 septembre 2013
La Grande Divergence
« Il y a quelques siècles, il aurait été difficile de distinguer l'Europe du reste du monde, du moins sur le plan économique. En effet, l’Europe pouvait même être considérée il y a un demi-millénaire comme en retard. Les trois inventions qui, pour reprendre les mots de Karl Marx, "ont ouvert la voie à la société bourgeoise " n'ont pas été inventées en Europe. La poudre à canon, la boussole et l'imprimerie ont probablement toutes été inventées en Chine.
Mais au dix-neuvième siècle, les choses ont assez différentes. L’Europe de l'Ouest et certaines régions de l'Amérique du Nord étaient alors devenues fabuleusement riches, tandis que pratiquement tout le reste du monde était resté horriblement pauvre. Les historiens économiques ont qualifié cela de "Grande Divergence" (Great Divergence).
mardi 23 juillet 2013
La borne inférieure zéro et la flexibilité des prix
« […]
Q : Je comprends pourquoi les taux d’intérêt ne peuvent pas aller en dessous de zéro. Mais pourquoi est-ce si grave ?
jeudi 18 juillet 2013
L’erreur fondamentale de la zone euro
« C'était vraiment prévisible. Enlevez la capacité de contrôler les taux d'intérêt nationaux et vous rendez possible une divergence des dynamiques de demande, une divergence qui entraîne des déséquilibres en termes compétitivité qui vous devrez douloureusement corriger par la suite. La bonne nouvelle était que vous pouviez utiliser la politique budgétaire contra-cyclique pour modérer ces déséquilibres - une idée largement acceptée en macroéconomie. Mais ce n'était pas ce que les architectes de l'euro voulaient entendre.
vendredi 5 juillet 2013
Pourquoi l’histoire économique est essentielle à la science économique
« La beauté d'Internet est que parfois vous tomber sur des papiers comme celui-ci que vous auriez sinon manqué (merci Greg Mankiw !). Comme vous devez vous y attendre, je suis d'accord avec l’idée de Peter Temin selon laquelle l'histoire économique a un rôle fondamental à jouer dans l’enseignement de l’économie et le MIT en est un excellent exemple. (….) Plusieurs superstars qui ont émergé de ce département ont une sensibilité historique qui a fait d’eux de meilleurs économistes. Obstfeld et Rogoff sont surtout connus pour leurs travaux pionniers en macroéconomie économie ouverte, mais tous deux ont écrit des livres importants en histoire économique (Obstfeld avec Taylor et Rogoff avec Reinhart) et je ne pense pas que ce soit une coïncidence que la macroéconomie ouverte à la Obstfeld-Rogoff soit beaucoup plus ancrée dans le monde réel que certains équivalents en économie fermée. Paul Krugman affiche régulièrement son intérêt pour l'histoire et utilise ses connaissances historiques à bon escient […].
jeudi 27 juin 2013
Malédiction des ressources naturelles et institutions : soyons plus précis !
« Dans plusieurs billets publiés au cours des dernières semaines (ici, ici, ici, ici et là), nous avons affirmé que les preuves empiriques suggéraient qu'il y avait une "malédiction des ressources conditionnelle" dont l'existence dépendrait des institutions d'une société. Le taux de croissance économique des pays caractérisés par de mauvaises institutions diminue avec les ressources, alors que c’est l’inverse avec les pays ayant de bonnes institutions.
mardi 25 juin 2013
Ressources naturelles et institutions politiques : le cas de l’Etat rentier
« Penchons-nous à nouveau sur les liens entre ressources naturelles et institutions. Dans un précédent billet, nous avons vu qu’il y avait débat quant à savoir si l’abondance en ressources naturelles sapait ou non la démocratie. L'autre débat qui a relié la question de l’abondance en ressources naturelles, en particulier le pétrole, à celle des institutions politiques, porte autour de la notion d’"État rentier" (rentier state).
mercredi 29 mai 2013
L’abondance en ressources naturelles nuit-elle à la démocratie ?
« La discussion sur la malédiction des ressources naturelles (natural resource curse) au Cameroun soulève la question de savoir si la richesse en ressources naturelles, en particulier l’abondance de pétrole, est susceptible d'influencer aussi bien l'économie que les institutions politiques. Les mécanismes que nous avons proposés pour la malédiction des ressources, sans surprise, opèrent à travers la politique (politics). Mais ils considèrent les institutions politiques comme données.
jeudi 23 mai 2013
Les mécanismes de la malédiction des ressources
« Nous avons vu dans notre précédent billet que les données transnationales suggéraient que les pays dotés d'institutions faibles (caractérisées notamment par un manque d'équilibre des pouvoirs ou par des niveaux élevés de corruption) connaissent une contraction de leur activité lorsqu’ils découvrent les ressources naturelles. La question est alors de savoir pourquoi.
mardi 21 mai 2013
La malédiction des ressources naturelles : que nous enseignent les études empiriques ?
« Donc le pétrole a été une malédiction pour le Cameroun.
Est-il vrai que l’abondance des ressources naturelles en général ou du pétrole en particulier a un effet négatif sur la croissance économique ? Si c'est le cas, via quels mécanismes ?
jeudi 16 mai 2013
Y a-t-il une malédiction des ressources naturelles ? Le cas du Cameroun
« Les ressources naturelles sont-elles vraiment une malédiction ? Avant de parler des régressions transnationales, commençons par une étude de cas qui semble illustrer exactement ce que les gens ont à l'esprit lorsqu’ils parlent de la malédiction des ressources (resource curse). Dans le récent ouvrage collectif Plundered Nations? Successes and Failures in Natural Resource Extraction dirigé par Paul Collier et Anthony Venables, se trouve un chapitre très intéressant, rédigé par Bernard Gauthier et Albert Zeufack appelé “Governance and Oil Revenues in Cameroon”. Il n'y a pas de meilleur endroit pour commencer à étudier la malédiction des ressources.
lundi 13 mai 2013
Voyage temporel en zone euro
« […] Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, au cours d’une interview donnée à CNBC, a dénié que la politique budgétaire et la politique monétaire puissent jouer un rôle pour résoudre la crise économique : "La politique monétaire ne peut vraiment pas nous aider à sortir de la crise. Elle peut relâcher la pression, assouplir une nouvelle croissance, mais ce dont nous avons vraiment besoin dans tous les pays, ce sont avant tout des réformes structurelles. (…) Dans le policy mix formé par la politique budgétaire, la politique monétaire et les réformes structurelles, je voudrais que l’ordre des priorités soit exactement l'inverse : les réformes structurelles en premier lieu, la politique budgétaire et des cibles viables à moyen terme pour toutes les régions en deuxième lieu. La politique monétaire ne peut quant à elle que seulement assouplir les problèmes économiques nationaux à court terme."
mardi 9 avril 2013
Quand l’excès d’épargne mondial rencontre la Grande Récession
« Kenneth Rogoff a écrit un article très intéressant sur le mystère entourant la faiblesse des taux d'intérêt. Il commence par remonter à 2005, lorsque Ben Bernanke rendait l’"excès d'épargne mondial" (global saving glut) responsable des taux d'intérêt réels exceptionnellement bas (par rapport aux normes historiques) dans l'économie mondiale. Son commentaire était une réaction à l'hypothèse classique selon laquelle les taux d'intérêt sont déterminés par les banques centrales. Ken Rogoff […] "partage l'instinct de Bernanke selon lequel les banques centrales décident des taux d'intérêt de très court terme, mais n'ont pratiquement aucune influence sur les taux réels (corrigés de l'inflation) de long terme, outre un modeste effet via les politiques de gestion de portefeuille (par exemple, l’assouplissement quantitatif)."
jeudi 14 mars 2013
Les paradoxes du chavisme
« Le président Hugo Chávez du Venezuela est mort. Que va-t-il se passer maintenant ? Quel héritage laisse-t-il pour le Venezuela ?
