vendredi 19 octobre 2012

L’égalité est essentielle pour le bonheur

« Le roi du Bhoutan veut que nous soyons tous plus heureux. Les gouvernements, dit-il, devraient chercher à maximiser le bonheur national brut de leur population plutôt que leur produit national brut. Cette nouvelle insistance sur le bonheur représente-t-elle un vrai changement ou juste une mode passagère ?

lundi 15 octobre 2012

A la recherche des allocations stables : zoom sur les travaux de Roth et Shapley


« Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel décerné cette année à Lloyd Shapley et Alvin Roth s'étend de la théorie abstraite développée dans les années 1960 aux travaux empiriques des années 1980, en passant par les efforts permanents visant à trouver des solutions pratiques aux problèmes du monde réel. Parmi les exemples, on peut citer l'affectation de nouveaux médecins aux hôpitaux, l'affectation d’élèves aux écoles et la transplantation d'organes humains aux receveurs. Lloyd Shapley a réalisé les premières contributions théoriques, qui ont été adoptées de manière inattendue deux décennies plus tard lorsqu'Alvin Roth a étudié le marché des médecins aux États-Unis. Ses conclusions ont suscité davantage de développements analytiques, aussi bien que la conception pratique d’institutions de marché.

lundi 4 juin 2012

Une union monétaire peut-elle fonctionner sans fédération budgétaire ?

« Une union monétaire peut-elle fonctionner sans être une fédération budgétaire ? C’est une question qui a été posée à maintes reprises depuis que le projet de l’union économique et monétaire (UEM) a été lancé. Les économistes considèrent une fédération budgétaire comme un moyen de partager les risques grâce à un (important) budget commun. Le partage du risque permet de lisser les cycles économiques au niveau régional ou national. En l’absence de politique monétaire (et de taux de change), la théorie dit que l’ajustement doit venir soit d’ajustements de prix (la dévaluation interne), de la mobilité de la main-d’œuvre (vers des régions ou pays qui se portent mieux) ou de transferts budgétaires via un budget commun.

dimanche 22 avril 2012

Microfondations et preuves empiriques : un biais idéologique ?

« La cohérence interne, plutôt qu'externe, est le critère d'admissibilité des modèles microfondés. En français, cela signifie que les articles universitaires présentant des modèles macroéconomiques seront rejetés si certaines parties sont théoriquement incompatibles avec d'autres, mais pas si une propriété du modèle est incompatible avec les données. Néanmoins, ce sera souvent une "énigme", c'est-à-dire un fait empirique qui ne peut pas être expliqué pour l’instant par un modèle, qui motive un article. Cependant, l'article n'est pas tenu d'être cohérent avec tous les autres faits pertinents ; la cohérence externe n'est donc pas aussi importante que la cohérence interne.

lundi 9 avril 2012

Microfondations et données empiriques : le problème du lampadaire

« Une façon de lire le débat sur les fondements microéconomiques est de le voir comme un affrontement entre "haute théorie" et "politique pratique". Greg Mankiw, dans un Célèbre article, parle des scientifiques et des ingénieurs. Thomas Mayer [1993], dans son ouvrage Truth versus Precision in Economics, distingue la "science formaliste" de la "science empirique". Des idées similaires sous-tendent peut-être ma discussion des microfondations et des modèles de banques centrales, ainsi que celle de Mark Thoma.

mercredi 7 mars 2012

Qu’ont jamais fait les microfondations pour nous ?

« Dans mon précédent billet sur les microfondations, j'ai exprimé mon désaccord avec Paul Krugman lorsqu'il a déclaré : "À mes yeux, toute la croisade des microfondements repose sur un succès prédictif d'il y a 35 ans ; il n'y a eu aucun résultat significatif depuis". Je dois expliquer pourquoi je ne suis pas d'accord avec lui. Robert Waldmann m'a également interpellé sur ce point.

dimanche 4 mars 2012

Les microfondations et la vitesse de développement des modèles

« Dans un récent billet, j'ai suggéré un raisonnement reposant sur les microfondements pour ce que Blanchard et Fischer appellent les modèles utiles (useful models) et que j'appelle les modèles agrégés. Mark Thoma et Paul Krugman en ont parlé et je souhaite leur répondre. Ce billet intéressera principalement les économistes, mais je n'ai pas précisé qu’il était "pour les économistes" car je sais, d'après les commentaires, que certains non-économistes qui réfléchissent à la philosophie des sciences (sociales) trouveront peut-être cela intéressant. Si vous n'appartenez à aucune de ces catégories, ce billet n’est probablement pas pour vous.

jeudi 1 mars 2012

Les modèles microfondés et les autres modèles utiles

« Ce titre renvoie à l'un des livres qui m'ont le plus influencé : les Lectures on Macroeconomics de Blanchard et Fischer. Ce manuel s'inscrivait largement dans le moule de la macroéconomie microfondée moderne, mais pas le chapitre 10, intitulé "Some useful models" ("Quelques modèles utiles"). L'un des modèles qu’il considère comme utile est IS-LM.

samedi 14 janvier 2012

L’épargne est-elle égale à l’investissement ?

« Q : Si les consommateurs dépensent moins et épargnent plus, cela signifie-t-il que l’investissement s’accroît ? 

R : Absolument pas. Que des personnes accroissent leur épargne n’implique pas automatiquement qu’une entreprise va décider d’acheter plus de capital fixe. 

Q : Pourtant, l’épargne égale tout de même l’investissement selon l’identité dans la comptabilité nationale, non ?

jeudi 8 décembre 2011

Taxer les 1 % : pourquoi le taux d'imposition marginal supérieur pourrait dépasser les 80 %

« Aux États-Unis, la part du revenu total avant impôts revenant aux 1 % les mieux rémunérés a plus que doublé, en passant de moins de 10 % dans les années 1970 à plus de 20 % aujourd'hui [CBO, 2011 ; Piketty et Saez, 2003]. Une tendance similaire est observée dans d'autres pays anglophones. Contrairement à une opinion répandue, la mondialisation et le progrès technique ne sont pas en cause. D'autres pays de l'OCDE, comme ceux d'Europe continentale ou le Japon, ont connu une bien moindre concentration des revenus parmi les ultra-riches [World Top Incomes Database, 2011].

lundi 10 octobre 2011

Sargent et Sims, ou l’art de distinguer la cause de l’effet dans l'économie


« Comment le PIB et l'inflation sont-ils affectés par une hausse temporaire des taux d'intérêt ou une baisse d'impôt ? Que se passe-t-il si une banque centrale modifie définitivement sa cible d'inflation ou si un gouvernement modifie son objectif de solde budgétaire ? Les lauréats en sciences économiques de cette année, Thomas J. Sargent et Christopher A. Sims , ont développé des méthodes pour répondre à ces questions et à bien d'autres encore concernant la relation causale entre la politique économique et différentes variables macroéconomiques telles que le PIB, l'inflation, l'emploi et l’investissement.

lundi 11 octobre 2010

Le marché du travail en présence de coûts de recherche : zoom sur les travaux de Diamond, Mortensen et Pissarides


« Pourquoi y a-t-il autant de chômeurs alors qu’il y a en même temps de nombreux postes vacants ? Comment la politique économique peut-elle affecter le chômage ? Les lauréats de cette année ont développé une théorie qui peut répondre à ces questions. Cette théorie est également applicable à d'autres marchés que celui du travail...

lundi 12 octobre 2009

Ostrom, Williamson et la gouvernance économique


« Traditionnellement, la théorie économique a été pour l’essentiel une théorie des marchés ou, plus précisément, des prix de marché. Cependant, il y a au moins deux raisons pour lesquelles la science économique doit aller au-delà de la théorie des prix. Premièrement, les marchés ne fonctionnent correctement que si des contrats appropriés peuvent être formulés et appliqués. Il est donc nécessaire de comprendre les institutions qui soutiennent les marchés. Deuxièmement, une activité économique considérable se déroule en dehors des marchés : au sein des ménages, des entreprises, des associations, des agences et d'autres organisations. Nous avons donc besoin de théories pour expliquer pourquoi ces entités existent et comment elles fonctionnent.

lundi 9 octobre 2006

Edmund Phelps et les arbitrages intertemporels de la politique macroéconomique

 

« Le plein emploi, la stabilité des prix et une croissance rapide sont des objectifs centraux de la politique économique. Mais cette dernière fait toujours face à de difficiles conflits d'objectifs. Comment concilier inflation et chômage ? Quel arbitrage faut-il faire entre la consommation des générations actuelles et celle des générations futures ? Edmund S. Phelps a permis de mieux comprendre ces deux arbitrages. Il a souligné que la question de l'épargne et de l’accumulation du capital, mais aussi celle de l'équilibre entre inflation et chômage, concernent fondamentalement la répartition intertemporelle du bien-être. Les analyses de Phelps ont profondément influencé aussi bien la théorie économique que la politique macroéconomique.